Rattrapage post-Covid, droits de douane… Les défaillances d'entreprises toujours au sommet

En tout, 17 085 entreprises sont en situation de défaillance au deuxième trimestre en France.
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En tout, 17 085 entreprises sont en situation de défaillance au deuxième trimestre en France.
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Les défaillances d'entreprises continuent d'atteindre des sommets. En tout, 17 085 entreprises sont en situation de défaillance au deuxième trimestre en France, pointe dans une étude l'assureur Allianz Trade. Malgré une légère inflexion par rapport au premier trimestre (-6 %), les défaillances ont augmenté de 3,5 % par rapport à l'année précédente, « avec un mois d'avril particulièrement sinistré ». Pour rappel, une entreprise est en situation de défaillance quand une procédure de redressement ou de liquidation judiciaire est ouverte, d'après la définition de la Banque de France.
Ces résultats moroses sont notamment dus à un effet de rattrapage après la pandémie. Durant l'épisode du Covid-19, les défaillances étaient à un niveau très bas, grâce notamment aux aides exceptionnelles de l'État accordées aux entreprises. Mais ces dernières ont été retirées petit à petit et les sociétés ont dû rembourser leurs prêts garantis par l'État alloués durant la crise.
Le contexte économique et l'instabilité géopolitique plongent, par ailleurs, les entreprises dans l'incertitude. Elles « continuent de faire face à de nombreux défis, tels que la faiblesse du cycle conjoncturel, la fin et le remboursement des aides, la reprise des assignations par les services fiscaux et sociaux, ainsi que les incertitudes géopolitiques », souligne, à ce propos, Maxime Lemerle, responsable de la recherche défaillances chez Allianz Trade.
Si jusqu'ici les plus petites entreprises étaient davantage concernées par les défaillances, les grandes entreprises sont désormais touchées. D'après les chiffres de l'assureur, 12 % de celles atteignant un chiffre d'affaires entre 2 à 5 millions d'euros ont fait défaut ces douze derniers mois. C'est également le cas pour 18 % des entreprises réalisant un chiffre entre 5 et 15 millions d'euros, ainsi que pour celle de plus de 15 millions d'euros.
Et aucun secteur n'y échappe, toutes tailles d'entreprises confondues. « On observe que certaines filières souffrent plus que d'autres : c'est par exemple le cas du négoce de matériaux et des travaux publics, affectés par les restrictions budgétaires et la limitation des dispositifs fiscaux liés à la rénovation. L'industrie automobile, quant à elle, est en plein tournant sur l'ensemble de sa chaîne de valeur, des fournisseurs jusqu'aux distributeurs », commente pour La Tribune Besa Shkembi, Directrice de l'Arbitrage chez Allianz Trade.
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Dans le détail, le secteur de la construction concentre 21 % des faillites avec plus de 870 entreprises en défaut sur les douze derniers mois. Suivi des services aux entreprises (845), l'hébergement et la restauration (791) et les services aux particuliers (638). La dynamique s'est accélérée pour le transport et l'entreposage (+16 %), l'agriculture (+14 %) et l'information et la communication (+13 %), toujours selon les chiffres d'Allianz Trade.
Pour 2025, la tendance risque d'être la même. L'assureur ne se montre pas optimiste : « Si le pic d'accélération des défaillances d'entreprises semble dépassé, la perspective d'un nouveau record historique de sinistralité reste de mise avec 67 500 faillites attendues en fin d'année 2025. »
À cela s'ajoute la guerre commerciale lancée par Donald Trump, qui rebat les cartes du commerce mondial. De quoi « entraîner un nombre de faillites supérieur à nos prévisions pour 2025 et 2026, estimées respectivement à 67 500 et 65 000 » écrit Maxime Lemerle. L'Union européenne doit d'ailleurs être fixée sur son sort d'ici au 1er août. Le président américain menace ses États membres de 30 % de droits de douane.
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« L'environnement commercial a rarement été aussi complexe et volatil, les entreprises doivent impérativement rester vigilantes pour atténuer le risque de non-paiement », conclut dans l'étude Laurent Treilhes, président du comité exécutif d'Allianz Trade en France.