Au 1ᵉʳ trimestre 2026, la hausse de 6,4 % des procédures s'accompagne d'une menace record sur l'emploi (75 000 postes), dépassant les niveaux de 2009. Si le gros œuvre résiste, la viticulture s'effondre et les TPE, privées de trésorerie, sont les premières victimes d'une fracture territoriale qui se creuse.L’économie française vient de franchir un seuil critique : selon le dernier bilan du groupe Altares, le premier trimestre 2026 s’est achevé sur l’ouverture de 18 986 procédures collectives, une augmentation de 6,4 % par rapport à l'année précédente. Ce flux incessant porte désormais le cumul annuel à 71 100 défaillances d’entreprises, un niveau record qui témoigne de l’essoufflement durable d’un écosystème à bout de souffle.
Plus alarmant encore, le spectre de la grande récession de 2009 resurgit par le biais du coût social : avec 75 350 emplois menacés ce trimestre, la France dépasse les sommets atteints lors de la crise financière mondiale.
Explosion des redressements judiciaires
Derrière le chiffre global des défaillances se cache une mutation profonde de la nature des procédures. Si la liquidation judiciaire directe reste la plus fréquente en volume (12 836 dossiers), sa progression est contenue à 3,6 %. C'est en réalité le bond de 13,6 % des redressements judiciaires, avec 5 767 jugements, qui dégrade la tendance trimestrielle. Cette envolée traduit une aggravation brutale des difficultés financières des entreprises, tout en offrant une mince possibilité de préserver l’activité.
Le recours aux procédures de sauvegarde, outil d'anticipation par excellence, demeure quant à lui marginal, ne représentant que 2 % des décisions totales avec 383 ouvertures (+ 2,7 %). Pour Thierry Millon, directeur des études chez Altares, ce premier trimestre n'est guère propice au rétablissement de la confiance, ni à la relance de l'investissement. Chaque jour ouvré, plus de 300 chefs d'entreprise se présentent devant les tribunaux, souvent à bout de ressources financières et morales.