Salaires : pourquoi le Smic va bondir de 2,4 % en juin
latribune.fr

L'Insee a indiqué mercredi que les prix à la consommation avaient augmenté de 2,2 % sur un an en avril (photo d'illustration).
SAA/ - REUTERS - Stephane Mahe
latribune.fr

L'Insee a indiqué mercredi que les prix à la consommation avaient augmenté de 2,2 % sur un an en avril (photo d'illustration).
SAA/ - REUTERS - Stephane Mahe
Le Smic va augmenter de 2,4 % le 1ᵉʳ juin, a annoncé mercredi sur France Info le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou. L'Insee a indiqué mercredi que les prix à la consommation avaient augmenté de 2,2 % sur un an en avril. Et quand l'inflation dépasse 2 %, le Smic est augmenté automatiquement.
Cette augmentation « n'est pas un coup de pouce » mais « une revalorisation mécanique du Smic qui est liée à notre système social français », a-t-il toutefois insisté.
Le Smic bénéficie chaque année d'une hausse mécanique le 1er janvier, qui se fonde notamment sur l'inflation hors tabac constatée pour les 20 % de ménages les plus pauvres. Mais en cours d'année, si l'inflation dépasse 2 %, le Smic est augmenté automatiquement dans les mêmes proportions.
Au-delà de ces évolutions automatiques, le gouvernement peut choisir de donner un coup de pouce au Smic, mais le dernier remonte à juillet 2012, au lendemain de l'élection de François Hollande à l'Élysée. Pour rappel, le Smic a augmenté cette année au 1ᵉʳ janvier, sans coup de pouce, de 1,18 %, atteignant 1 443 euros net par mois.
La France n’est pas épargnée par la guerre au Moyen-Orient. Dans ce contexte, les chiffres définitifs de l’Insee traduisent un retour de l'inflation au-delà du seuil de 2 %, après 1,7 % en mars. Bien au-dessus des prévisions de l’institut de statistiques qui tablait sur 1,8 % en avril et même 2,1 % en mai.
En cause : la flambée des prix de l’énergie. Ils ont augmenté de 14,3 % en avril sur un an, et en particulier ceux des produits pétroliers avec la guerre en Iran. Dans le détail, les prix du pétrole ont bondi de 31,4 % en avril, après 18,1 % en mars. De leur côté, les prix du gazole ont augmenté de 42,1 %, ceux de l'essence de 17,8 % et les combustibles liquides de 58,9 %.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

À l'inverse, les prix de l'alimentation décélèrent : ils ont augmenté de 1,2 % en avril sur un an après 1,8 % en mars.
L'inflation reste concentrée sur les prix de l'énergie et « nous ne voyons pas de diffusion de cette hausse des prix de l'énergie vers les autres biens et services », a observé le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, interrogé sur France Info ce mercredi.
Pour le moment, « nous n'avons pas encore suffisamment d'informations sur cette fameuse diffusion aux autres prix, les prix des services et des biens industriels qu'on achète », a également détaillé François Villeroy de Galhau. Il a néanmoins souligné que la Banque de France surveille de près les « effets de second tour », c'est-à-dire les conséquences sur les autres prix de la hausse de ceux de l'énergie, en vue d'une éventuelle adaptation de la politique monétaire.
Fin avril, la Banque centrale européenne avait décidé de maintenir ses taux inchangés. L'indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH), qui permet la comparaison entre les pays de la zone euro, augmente de 1,2 % sur un mois, après 1,1 % en mars. Sur un an, il est en hausse de 2,5 % après 2,0 % en mars. L’objectif de la BCE est une inflation à 2 %. Les marchés se préparent ainsi à un éventuel relèvement du taux de dépôt lors de la prochaine réunion de l’institution monétaire mi-juin.
(Avec AFP)
latribune.fr