C’est un soupir de soulagement, certes, mais un soulagement de courte durée. Pour le syndicat patronal, le budget du gouvernement complété par les désidératas des uns et des autres partis comporte autant de bonnes nouvelles que d'aberrations. « C’est un soulagement que le Pacte Dutreil soit en grande partie conservé », admet volontiers Stéphane Benhamou, président du Medef Sud, « il était impératif de maintenir ce dispositif de transmission des entreprises familiales ». De même, le maintien du crédit d'impôt recherche permet aussi bien aux start-up qu'aux TPE et PME de continuer à développer leur effort de recherche scientifique et technique pour servir, in fine, ce gage de souveraineté qu’est l’innovation.
Voilà donc pour les bons points de la copie du gouvernement Lecornu II. Lequel essuie également largement les critiques du syndicat patronal. « Depuis le début de l’année, nous avons subi 1,6 milliard d’euros de baisse des allègements des charges sociales », regrette Stéphane Benhamou qui s’appuie sur sa propre expérience soulignant les « +2% de charges sociales sur le total de la masse salariale » qu’il supporte à la tête de l’ETI varoise Paca Participations. Et le représentant des patrons de Provence Alpes Côte d'Azur de dénoncer l’augmentation de 50 euros de la prime d’activité qui plombera encore le budget de 2 milliards d’euros et qui est « un véritable mauvais service rendu aux entreprises qui vont laisser filer les bénéfices et nourrir l’assistanat puisque c’est la collectivité qui vient accompagner et non le développement économique ». A la liste des déconvenues du patronat s’ajoutent le renouvellement de la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises qui devrait rapporter environ 8 milliards d'euros et le report de la suppression de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE). « Les entreprises vont endosser les charges additionnelles, qui vont être supportées en définitive par les collaborateurs et donc les Français. [...] Ce sont des pièges dans lesquels tombent les entreprises et ces impôts de production sont assumés par les plus performantes : plus on fait du chiffre d’affaires, plus on embauche, plus on paye », s’agace-t-il.