Taxe Zucman : le coup de gueule du Medef
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Stéphane Benhamou
Colombe Laferté
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Stéphane Benhamou
Colombe Laferté
« La démagogie, le clientélisme, l’incurie et l’inculture des politiques, m’insupportent de plus en plus », attaque bille-en-tête Stéphane Benhamou, président du Medef Sud. Aligné avec Patrick Martin, le président national, il dénonce le poids des charges qui pèsent sur les épaules des entreprises. « La France a la chance d’avoir des entrepreneurs qui s’adaptent à toutes les situations qu’ils subissent depuis 50 ans », martèle le représentant des patrons de Provence Alpes Côte d'Azur.
Mais dans le contexte économique actuel incertain, l’effort des entreprises est au centre des débats. Faut-il davantage de contribution de leur part ? « Il faut dire la vérité aux Français : grâce à l’entrepreneuriat, à la création de valeur et de richesses, et aux emplois créés, la croissance redémarre. Mais pour cela, il faut de la stabilité et de la visibilité » mais aussi, et surtout, « ne pas les charger ». Un constat qui ne fait pas consensus, comme en témoignent les débats sur le versement mobilité - qualifié de « racket » par le président du Medef Sud qui s’indigne contre tous les impôts de production.
Mais c’est bien la taxe Zucman qui cristallise, pour le moment, les débats. Notamment portée par le Parti socialiste, cette mesure viserait à imposer à hauteur de 2% l’ensemble des patrimoines de plus de 100 millions d’euros de patrimoine - soit 1800 foyers en France. Mais ce qui fait bondir bon nombre des chefs d’entreprises français, c’est le calcul de l’assiette de cette contribution qui intégrerait le patrimoine professionnel. « Il n’a jamais vu une entreprise, ce n’est pas possible ! », fustige-t-il au sujet de l’économiste qui a donné son nom à la taxe. « L’entreprise est une personne morale. Plus elle se développe, plus elle redistribue la richesse dont 65% à 67% dans les salaires. Il faut valoriser en priorité le travail : c’est ce qui existe aujourd’hui et l’amplifier est tout à fait possible à partir du moment où les charges sont comparables et compétitives aux autres pays de l’Union Européenne et de l’OCDE, ce qui est loin d’être le cas. Le principal sujet est de nourrir davantage la rémunération nette, celle qui va permettre de nourrir le pouvoir d’achat et le vouloir d’achat, et qui va réduire l’épargne inédite des Français ( de l'ordre de 18,9%, NDRL)», conseille-t-il.