Donald Trump a déclaré mardi que la marine américaine pourrait commencer à escorter les pétroliers à travers le détroit d'Ormuz si nécessaire.
REUTERS - Dado Ruvic
Le président américain a annoncé que la marine pourrait escorter les pétroliers dans le détroit d'Ormuz, contrôlé par les Gardiens de la Révolution iraniens. Mais l'opération pourrait s'avérer coûteuse et le nombre de navires américains reste limité.
La marine américaine pourrait commencer à escorter les pétroliers à travers le détroit d'Ormuz, bloqué par les Gardiens de la Révolution iraniens, annonce Donald Trump. « Si nécessaire, la marine américaine commencera à escorter les pétroliers dans le détroit d'Ormuz, dès que possible. Quoi qu'il arrive, les États-Unis garantiront la LIBRE CIRCULATION de L'ENERGIE dans le MONDE », a écrit le président américain dans une publication sur son réseau Truth Social mardi 3 mars.
Le trafic maritime est toujours paralysé dans ce passage stratégique par lequel transitent 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux, à l'entrée du golfe Persique. « Actuellement, le détroit d'Ormuz est sous le contrôle total de la marine de la République islamique », a déclaré Mohammad Akbarzadeh, un haut responsable des forces navales des Gardiens, cité par l'agence Fars. Lundi, un responsable iranien avait menacé de « brûler » tout navire tentant de le franchir.
Un précédent à un million de dollars par jour
Mais l'opération pourrait s'avérer coûteuse pour les États-Unis. Lors du conflit irano-irakien des années 1980, l'escorte de pétroliers koweïtiens battant pavillon américain dans le golfe Persique avait coûté un million de dollars par jour, selon le Washington Post. La facture comprenait « du temps supplémentaire de navigation pour les navires et de vol pour les avions, des demandes accrues de pièces de rechange, des exigences de maintenance élargies et des ponts aériens pour le transport de personnel et de matériel ».
Des sources du secteur maritime, qui ont requis l'anonymat, ont par ailleurs indiqué que le plan de Trump pourrait ne pas suffire à calmer les transporteurs maritimes tant que les combats se poursuivront, car les États-Unis disposent d'un nombre limité de navires capables d'escorter les pétroliers. Lundi, la marine américaine disposait de 12 navires de guerre, dont un porte-avions, au Moyen-Orient, que l'armée pouvait utiliser pour escorter les navires commerciaux.
Cependant, certains sont utilisés pour mener des frappes contre l'Iran et abattre ses missiles. L'opération pourrait également s'avérer risquée pour les escortes navales, qui pourraient avoir à faire face aux projectiles iraniens et aux petites embarcations armées. La marine américaine escorte occasionnellement des navires dans les voies maritimes sensibles. Plusieurs forces navales multinationales pourraient également être mobilisées, notamment la CTF-152, actuellement commandée par les forces qataries.
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Un précédent à un million de dollars par jour
Donald Trump a par ailleurs ordonné à la Société américaine de financement du développement international (DFC) de fournir, « à un prix très raisonnable », une assurance contre les risques politiques et des garanties financières pour le commerce maritime dans le Golfe. « Ce service sera accessible à toutes les compagnies maritimes », a-t-il précisé. La DFC, créée en 2019, est une agence gouvernementale qui collabore avec des investisseurs privés pour soutenir des projets dans les pays en développement.
Et pour cause, les compagnies maritimes et les assureurs ont commencé à réévaluer leur exposition à la région. Les primes d'assurance contre les risques de guerre ont fortement augmenté et certains assureurs ont réduit ou retiré leur couverture. La hausse des coûts d'assurance a rendu plus onéreux le transport de pétroliers prêts à prendre le risque de traverser la région, incitant certains opérateurs à retarder leurs voyages ou à rechercher des itinéraires alternatifs.
Les armateurs et les analystes doutent toutefois que les escortes militaires et la garantie d'assurance offertes par la DFC suffisent à enrayer la hausse des prix et à garantir un passage large et sûr. « Les attaques restent possibles », selon Rohit Rathod, analyste principal chez Vortexa, une société de suivi des navires. « Il est plus réaliste de penser que les primes d’assurance resteront élevées, mais que certains acteurs concluront des accords avec les Iraniens pour obtenir des exemptions pour leurs navires. »