Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une croissance du PIB tricolore de 0,9 % en 2026, contre 1 % en juillet dernier. S’agissant de la croissance mondiale, le FMI anticipe un léger coup de frein à 3,1 % en 2026 contre 3,2 % en 2025.
Nouveau coup dur pour le gouvernement Lecornu. Après l’avertissement du Haut conseil des finances publiques (HCFP), le Fonds monétaire international (FMI) a revu à la baisse ses projections de croissance du PIB pour 2026 (-0,1 point) à 0,9 % contre 1 % en juillet dernier dans une présentation dévoilée ce mardi par son chef économiste, le Français Pierre-Olivier Gourinchas.
Il s’agit certes d’une très légère révision mais c’est la seconde depuis le mois d’avril (-0,1 point). Pour 2025, l’institution a révisé légèrement à la hausse (+0,1 point) à 0,7 % contre 0,6 % auparavant.
Une cible de 3 % en 2029 plus difficile à atteindre
De son côté, Bercy table sur une croissance du PIB de 1 % en 2026 dans le projet de budget détaillé ce mardi. Cette révision à la baisse risque une nouvelle fois de compliquer l’équation budgétaire de l’exécutif en proie à de vastes difficultés pour faire avaler ses économies.
Cette croissance morose devrait également jouer en défaveur de la trajectoire de désendettement et de réduction du déficit de la France. François Bayrou avait repoussé la cible de 3 % à 2029 au lieu de 2027. Mais le climat politique et la croissance terne pourraient rendre difficile cet objectif. Du côté des prix, l’inflation devrait accélérer à 1,5 % contre 1,1 % en 2025 d’après les calculs des économistes de Washington. Quant au chômage au sens du bureau international du travail BIT), il devrait rester stable à 7,5 % en 2026 contre 7,6 % cette année.
Zone euro : une atonie persistante
La prévision de croissance pour l’Hexagone est proche de la moyenne de la zone euro (1,1 %). Mais elle s’éloigne de la projection de la croissance espagnole estimée à 2 %. Pointée du doigt au début des années 2010, l’économie espagnole est devenue le moteur l’union monétaire.
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À l’inverse, l’Allemagne continue de souffrir. L’institution internationale prévoit une hausse du PIB de 0,9 %. C’est un niveau certes plus élevé que la croissance médiocre enregistrée en 2024 (0,2 %). Mais la première puissance économique du Vieux Continent continue de subir de plein fouet sa dépendance aux énergies fossiles depuis l’éclatement de la guerre en Ukraine. Pour contrebalancer les effets délétères du coût de l’énergie sur son industrie, le gouvernement a annoncé un programme d’investissements de plus de 600 milliards pour le climat et les infrastructures. Cet effort devrait jouer un rôle de multiplicateur budgétaire alors que Berlin s’est longtemps présenté comme le modèle de l’orthodoxie budgétaire en Europe. Un tournant qui pourrait soutenir les usines allemandes toujours dans le rouge depuis l’éclatement de la guerre en Ukraine.