Pascal Boniface : « Face à Trump, il n'y a plus d'adultes dans la pièce »
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Pascal Boniface, directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS).
© Sophie Palmier - SOPHIE PALMIER
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La première semaine de l'année 2026 restera gravée dans l'histoire de la géopolitique mondiale. Le 3 janvier, Donald Trump sidérait le monde avec son opération militaire spéciale « Absolute Resolve » qui a abouti à la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro. Une intervention qui fait voler en éclat le droit international et qui redéfinit la politique étrangère des États-Unis.
Fin observateur du monde géopolitique, Pascal Boniface, le directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), partage à La Tribune son analyse de la situation. L'auteur de 50 idées reçues sur l’état du monde, son dernier ouvrage, estime notamment que cette opération américaine est une preuve de plus que le monde occidental tel qu'on l'a connu depuis 80 ans, « n'existe plus ».
LA TRIBUNE. Quelle est votre première lecture de l’opération militaire américaine du 3 janvier 2026 qui a conduit à la capture de Nicolás Maduro et à des frappes ciblées sur le Venezuela ?
PASCAL BONIFACE. Mon premier constat est qu'il y a une violation grave du droit international et de la Charte des Nations unies. Ce n’est en même temps pas surprenant puisque dans le document sur la stratégie américaine de sécurité publié en décembre, Donald Trump avait annoncé qu'il allait refaire un nouveau corollaire à la doctrine « Monroe », donc considérer l'Amérique latine comme sa chasse gardée, avec un droit d'intervention.
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Personne n'imaginait possible une intervention armée avec exfiltration et capture du président Maduro... mais il l'a fait et c'est donc la première fois que les États-Unis interviennent directement dans un pays d'Amérique du Sud, et non dans les Caraïbes et en Amérique centrale, où ils ont l'habitude d'intervenir.
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