Le plan de Donald Trump consiste à placer les revenus pétroliers du Venezuela sous contrôle américain via des comptes bancaires supervisés par Washington. Les fonds ainsi récoltés seront utilisés à la discrétion des États-Unis, avec l'obligation pour...
Le président américain veut mettre la main sur la manne pétrolière du Venezuela après avoir capturé le président Nicolás Maduro. Une réunion a lieu ce vendredi afin de « discuter des immenses possibilités » pour les compagnies pétrolières américaines.
Une réunion déterminante. Donald Trump rencontre ce vendredi les dirigeants de compagnies pétrolières américaines à propos du Venezuela, dont il lorgne la manne pétrolière après avoir capturé le président Nicolás Maduro. « C’est simplement une réunion pour discuter des immenses possibilités qui s’offrent à ces sociétés en ce moment » au Venezuela, a expliqué mercredi la porte-parole de la Maison-Blanche Karoline Leavitt devant des journalistes.
Depuis la capture de Nicolás Maduro le 3 janvier, le président américain n’a pas caché sa volonté de mettre la main sur la manne pétrolière du Venezuela. Pour cela, le gouvernement américain a esquissé mercredi son plan : lever les sanctions, gérer la commercialisation et décider qui touchera les recettes, tout en se défendant de tout « vol ».
Une manne pétrolière très importante en jeu. Le Venezuela a les plus grandes réserves de brut prouvées au monde. Dès mardi soir, le chef d’État américain a assuré que les responsables vénézuéliens par intérim allaient remettre aux États-Unis « entre 30 et 50 millions de barils de pétrole » actuellement stockés sur des navires, soit l’équivalent d’un à deux mois de production du pays latino-américain. « Ce pétrole sera vendu aux prix du marché et l’argent sera contrôlé par moi », a-t-il ajouté.
Et les recettes ? Washington veut garder la main sur leur répartition. « Toutes les recettes provenant de la vente de pétrole brut et de produits pétroliers vénézuéliens seront d’abord versées sur des comptes contrôlés par les États-Unis dans des banques mondialement reconnues afin de garantir la légitimité et l’intégrité de leur distribution finale », a souligné le ministère de l’Énergie.
« Ces fonds seront utilisés au profit du peuple américain et du peuple vénézuélien, à la discrétion du gouvernement américain », a ajouté l’administration. Donald Trump a ensuite affirmé que la part que recevra le Venezuela « servira UNIQUEMENT à acheter des produits américains », notamment des produits agricoles et des médicaments.
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Ce qu’en pense Caracas. Si les autorités de Caracas n’ont pas commenté le projet américain, la compagnie pétrolière publique Petroleos de Venezuela (PDVSA) a expliqué dans un communiqué qu’elle menait « actuellement une négociation avec les États-Unis pour la vente de volumes de pétrole, dans le cadre des relations commerciales existant entre les deux pays ».
« Ce processus (…) repose sur une transaction strictement commerciale, conforme à des critères de légalité, de transparence et de bénéfice pour les deux parties », selon PDVSA. La présidente par intérim du Venezuela Delcy Rodríguez a pour sa part affirmé mercredi lors d’une cérémonie officielle que l’échange commercial avec les États-Unis « n’a rien d’extraordinaire ni d’irrégulier ».
Quel est le contexte ? Pour rappel, Donald Trump a imposé des sanctions sur le pétrole vénézuélien pendant son premier mandat, créant une forme d’embargo que des acheteurs parviennent à contourner grâce à l’usage de flottes dites « fantômes ». Washington se dit désormais prêt, depuis l'arrestation de Maduro à Caracas, à lever ces sanctions « de manière sélective » pour pouvoir commercialiser le pétrole vénézuélien sur le marché traditionnel.