La Bundesbank sonne la charge : l’Allemagne veut un durcissement de la BCE
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e président de la Bundesbank, Joachim Nagel.
/FW1HFS/Sonia Cheema - REUTERS - Anne Ackermann
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e président de la Bundesbank, Joachim Nagel.
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La Banque centrale européenne se retrouve à nouveau face à un dilemme monétaire, alors que les tensions géopolitiques au Moyen-Orient continuent de brouiller les perspectives économiques et inflationnistes de la zone euro. Le président de la Bundesbank, Joachim Nagel, a averti lundi que la BCE pourrait être amenée à relever ses taux directeurs lors de sa prochaine réunion de juin si les nouvelles projections économiques ne montrent pas d’amélioration du front inflationniste. Il a ainsi estimé que, en cas de stagnation des perspectives, « si les perspectives d’inflation ne s’y améliorent pas sensiblement, cela plaidera en faveur d’une hausse des taux directeurs ».
Lors de leur dernière réunion, les gouverneurs avaient choisi de temporiser, préférant différer toute décision dans l’attente d’une meilleure lecture des effets du choc énergétique lié au conflit avec l’Iran. Le scénario central élaboré en mars apparaît désormais obsolète, la durée inattendue de la guerre ayant modifié les hypothèses macroéconomiques de la zone euro.
À Francfort, les responsables monétaires espèrent que les prochaines projections, attendues en juin, permettront de clarifier la trajectoire à suivre. Joachim Nagel a évoqué un possible éclaircissement de la situation en ces termes : « le brouillard se dissipe quelque peu et que nous y voyions plus clair sur la direction à prendre ». Connu pour ses positions restrictives, le banquier central allemand appartient au camp des « faucon », favorables à une politique monétaire plus stricte pour contenir l’inflation.
L’objectif de la BCE reste inchangé : ramener l’inflation à 2 % à moyen terme. Mais les derniers chiffres publiés par Eurostat montrent une remontée de l’inflation, passée de moins de 2 % à 3 % entre février et avril, sous l’effet du choc énergétique.
Dans ce contexte, plusieurs gouverneurs de banques centrales nationales se montrent de plus en plus ouverts à une hausse des taux, qui constituerait un tournant après une série de huit baisses consécutives engagées jusqu’en juin 2025, et un statu quo depuis septembre 2023. Le gouverneur de la Banque nationale de Slovaquie, Peter Kazimir, a ainsi jugé que la trajectoire de politique monétaire pourrait rapidement se durcir, estimant qu’ « un resserrement de la politique monétaire en juin est pratiquement inévitable ».
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Tous les responsables ne partagent toutefois pas le même niveau d’alerte. Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, plaide pour une approche plus prudente, soulignant la nécessité de disposer d’une « masse critique de données » avant toute décision.
Dans sa lettre annuelle adressée au président de la République, il insiste sur l’importance de vérifier la persistance de l’inflation, notamment sa diffusion aux salaires et aux anticipations des agents économiques, tout en évaluant le risque d’un frein déjà à l’œuvre sur la croissance.
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