Avec l’ouverture d’un premier centre hors de la diagonale du vide, l’association dédiée à l’accès aux soins de santé primaires en zones rurales sous-denses amorce une nouvelle stratégie de déploiement national pour capter davantage de médecins dans la lutte contre les déserts médicaux.Dans la vallée de la Bléone, dans le département des Alpes-de-Haute-Provence, à quelques kilomètres de Digne-les-Bains, c’était une arrivée plus qu’attendue. Le collectif Médecins Solidaires, qui réunit quelque 900 médecins généralistes volontaires à exercer pendant une semaine dans un des centres, a implanté début novembre, dans la commune de Le Brusquet, son dixième centre de santé. Une première pour la région. « Nous n’étions pas attendus en Provence-Alpes-Côte d’Azur, cela surprend », admet le docteur Martial Jardel. Car, à première vue, la région est l’une des mieux dotée - sinon la mieux - en professionnels de santé : 412 médecins pour 100 000 habitants dont 169 médecins généralistes.
Des chiffres qui ne reflètent pas la tension sur le territoire
Pourquoi Médecins Solidaires a-t-il fait le choix d’implanter son premier centre hors « diagonale du vide » ? « Ça n’a pas de sens de regarder à l’échelle nationale », souligne le président et cofondateur du collectif, « les différents niveaux de granularité observés démontrent des territoires très hétérogènes à l’échelle départementale ou communale. Il y a une légitimité et une nécessité à aller dans ces territoires ». Au Brusquet, 29% des habitants de plus de 70 ans n’ont pas de médecin traitant alors qu’en pays dignois, 13 médecins généralistes sont partis entre 2020 et 2024. « Lors de la réunion publique, où les habitants étaient nombreux, nous nous sommes rendus compte de la tension que suscitait la difficulté d’accès aux soins sur le territoire ».
Autre particularité du territoire : « les villes thermales – comme Digne – ont une spécificité : à première vue, les chiffres ne sont pas alarmants. Mais on y inclut les médecins thermalistes ». Les raisons de fréquentation des salles d’attente de ces derniers n’étant pas la même que celle d’un médecin généraliste.