Fruit de l'anacardier, la noix de cajou se trouve au bout d'une tige charnue appelée pomme de cajou. Elle est très prisée par les consommateurs en Europe, l'un des tous premiers marchés mondiaux de commercialisation.
Cajoo Malo
Relocalisation : une usine de transformation de noix de cajou va voir le jour en Bretagne
Depuis la Bretagne, Cajoo Malo cherche à relocaliser en France la transformation de noix de cajou provenant principalement de Côte d'Ivoire, l'un des premiers pays producteurs dans le monde.
La noix de cajou : une amande nutritive et polyvalente particulièrement prisée en Europe (200 000 tonnes écoulées par an, 15 000 en France), notamment sur les marchés allemands et nordiques. Mais un aliment pas toujours durable ni éthique.
Principalement récoltées en Afrique (Ghana, Tanzanie, Guinée-Bissau, Nigeria, Côte d’Ivoire…), les noix de l'anacardier, soit plus de 80 % de la production, sont ensuite transformées à des milliers de kilomètres de là, en Inde ou au Vietnam, où elles sont décortiquées et triées avant d’être exportées, par containers, vers les marchés consommateurs.
C’est sur ce segment de la transformation et de la pasteurisation de noix de haute qualité que le projet breton Cajoo Malo veut relocaliser l'activité. La première usine en France verra le jour en 2027 à Saint-Malo. Tout récemment soutenue par la Région Bretagne (400 000 euros) et le Fonds européen de développement régional Feder (600 000 euros), la construction d’un premier bâtiment de 3 500m2 démarrera en juin. L’investissement global s’élève à 8,6 millions d’investissement, porté avec un pool bancaire constitué du Crédit agricole, la Caisse d’Épargne et de la BNP.
Circuit court et impact carbone
« Ce projet international vise à relier les producteurs africains, ceux de Côte d’Ivoire notamment, aux consommateurs européens à travers une chaîne d'approvisionnement en circuit court. L’usine effectuera la dernière transformation (dépelliculage, tri…) dans les normes européennes afin de répondre à la forte demande et croissance du marché européen (+ 3 à 5 % par an) estimée à 2,3 milliards d’euros en 2025 », indique Loïc Denjean-Massia, fondateur et directeur général de la société mère Africa Business Marketplace créée en 2022.
« À la clé, il s’agit de relocaliser une activité, d’intégrer la traçabilité du produit et un partage de valeur équitable, au bénéfice des producteurs, ainsi que de réduire l'empreinte carbone due au transport. En Europe, on trouve les centres de reconditionnement des cinq traders mondiaux mais pas d’usine », ajoute l’expert du trading de commodités, dont le manioc.
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