Restauration et agro-industrie : « Les réseaux sociaux exacerbent la recherche par le consommateur d'expériences immersives »
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Portrait Audrey Ashworth, présidente du SIAL
©Gaëlle Guse
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Queues infinies devant certaines adresses de restaurants, chasse aux framboises enrobées de chocolat… Dans le domaine alimentaire aussi, les réseaux sociaux dictent de plus en plus la demande. En bouleversant les codes de la prescription, ils bousculent l'ensemble des acteurs de l'offre : agro-industriels, distributeurs et restaurateurs, contraints désormais de s'adapter à des rythmes de plus en plus effrénés. Audrey Ashworth, directrice générale du Salon international de l'agroalimentaire (SIAL), qui se tiendra cette année en octobre à Paris, analyse ce nouveau défi pour La Tribune.
Quel est aujourd’hui le poids des réseaux sociaux sur les choix alimentaires ?
Selon un sondage réalisé par OpinionWay pour le SIAL en mars, plus d'une personne sur deux est influencée par les réseaux sociaux dans son alimentation du quotidien (recettes, envies, produits et restaurants testés), avec un impact direct sur ses achats. C'est même neuf personnes sur dix chez les 18-24 ans. Nous étions nous-mêmes surpris par l'ampleur de cet impact, même si le phénomène est déjà illustré par plusieurs exemples, comme le succès immédiat du nouveau burger lancé dès 2020 par l'influenceur MrBeast.
Qu'est-ce que cela implique pour l'offre ?
La chaîne agroalimentaire est challengée à plusieurs niveaux. Le premier concerne le suivi du phénomène : se saisir des signaux faibles et des tendances demande beaucoup d'agilité. L'aspect visuel des produits prend par exemple de plus en plus d'importance. Le deuxième niveau est celui de la communication autour des produits. Non seulement les réseaux sociaux sont aujourd'hui essentiels pour emmener l'innovation dans les foyers et déclencher l'acte d'achat, mais les enjeux de réputation sont aussi exacerbés.