Fleuron de l'économie nationale, l'export agroalimentaire français dégringole. Entre janvier et août 2025, le solde commercial alimentaire a chuté de 93 % par rapport à l'année précédente, atteignant un plus bas historique. La filière pointe du doigt des problèmes structurels et appelle les pouvoirs publics à agir.Fierté nationale, l’agroalimentaire français s’inquiète de plus en plus de son propre déclassement commercial, et alerte sur une accélération exceptionnelle de la dégringolade en 2025. Entre janvier et août, le solde commercial alimentaire français n'a pas dépassé 0,35 milliard d’euros cumulés, relève le premier Observatoire des exportations alimentaires françaises publié ce 18 novembre par le Centre national pour la promotion des produits agricoles et alimentaires (CNPA), à l’occasion d’une matinée d’Assises de l’export alimentaire. Un niveau de 93 % inférieur à celui des huit premiers mois de l'année 2024 (4,5 milliards d’euros cumulés), souligne le CNPA, et « au plus bas depuis 25 ans », alertait déjà en septembre l’Association nationale de l’industrie agroalimentaire (Ania).
Une nouvelle érosion de la performance
La courbe est source d’inquiétude depuis déjà plusieurs années. De deuxième exportateur mondial de produits agricoles et alimentaires, la France a été reléguée à la sixième place en moins de 20 ans, regrette l’Ania. Malgré la croissance de la demande alimentaire mondiale, les exportations françaises ont reculé de 20 % en volumes pour les produits agricoles et de 7 % pour les produits agroalimentaires entre 2015 et 2024, et ses parts sur les marchés alimentaires mondiaux sont passées de 5 % à 4,2 %, précise le CNPA.
Certes, en 2024, avec 82,5 milliards d'euros d’exportations, l’agroalimentaire français est encore parvenu à représenter le premier poste d'exportation de la France, avec 14 % du chiffre d'affaires global des exportations françaises, note le CNPA. Mais selon un tableau de bord publié le 4 novembre par le ministère de l’Agriculture et FranceAgriMer, l’excédent commercial, de 3,9 milliards d'euros, s’est encore repliée en 2024 (- 26 %), à cause notamment d’un recul du solde positif des échanges avec les pays tiers (- 16 %). Le bilan à mi-parcours de 2025 « laisse présager une nouvelle érosion de la performance de la filière alimentaire et en particulier pour les entreprises de l’agroalimentaire en 2025 », alerte l’Ania, qui pointe du doigt « plusieurs déterminants bien identifiés ».