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Taxe sur les petits colis : pourquoi l'exemple italien doit mettre en garde la France

Photo de Maxime Heuze

Maxime Heuze

Publié le 26 janvier 2026 à 09:46

Rien qu’en 2024, ce sont 4,6 milliards de colis de moins de 150 euros qui ont déferlé sur l’Europe.

Rien qu’en 2024, ce sont 4,6 milliards de colis de moins de 150 euros qui ont déferlé sur l’Europe.

Romain Longieras - Reuters

Le Quotidien Numérique

27 juin 2026

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Le trafic logistique a dégringolé en Italie à cause d'une taxe de deux euros sur les colis chinois mise en place quelques mois avant celle appliquée à toute l'Union européenne.

L’Europe pourra-t-elle vraiment freiner l’afflux massif de petits colis chinois ? Alors que Bruxelles a décidé de mettre en place une taxe de trois euros sur tous les colis importés à partir du 1ᵉʳ juillet, l’Italie, pionnière en la matière, connaît ses premiers déboires.

Depuis le 1ᵉʳ janvier, Rome a instauré une taxe de deux euros sur les colis d’une valeur maximale de 150 euros arrivant en Italie depuis des pays hors UE. Sauf que… « cette mesure a eu un effet boomerang », estime Valentina Menin, directrice générale d’Assaeroporti, l’association professionnelle qui représente les entreprises exploitant 32 aéroports italiens, selon des propos rapportés par le Financial Times. De l'autre côté des Alpes, le gouvernement français a fait adopter, dans le projet de loi de finances 2026, la mise en place d'une taxe supplémentaire de deux euros sur les petits colis. « Cette taxe s'appliquera dans l’attente d’un dispositif devant intervenir au niveau européen à l’automne 2026 », indique le site Vie-publique.fr. L'exécutif prévoit que cette taxe doit entrer en vigueur le 1ᵉʳ mars et pourrait rapporter 400 millions d'euros en 2026. À voir.

Coup dur pour les entreprises italiennes du transport

Les entreprises de logistique et les exploitants aéroportuaires italiens déplorent en effet une forte baisse du nombre de petits colis traités par leurs réseaux. Ils affirment que les vols cargo en provenance de pays hors UE atterrissent dans d’autres aéroports de l’Union pour contourner la taxe. La lobbyiste a indiqué qu’au moins 30 vols à destination de Malpensa, point d’arrivée de 60 % des marchandises expédiées en Italie par voie aérienne, avaient été déroutés vers Liège (Belgique), Amsterdam et Budapest depuis le début de l’année, les entreprises ayant réorganisé leurs opérations pour contourner la taxe.

Résultats : « L'ensemble du secteur logistique italien est en perte de vitesse », ajoute Valentina Menin. De son côté, le directeur général de la Confetra, qui représente 60 000 entreprises italiennes de logistique et de transport maritime, Andrea Cappa, a affirmé que le secteur italien de la logistique va être pénalisé si cette taxe n’est pas suspendue.

Et l’État en pâtit aussi. Lors de l’instauration de cette taxe dans le cadre du budget 2026, Rome prévoyait de récolter 122 millions d’euros cette année et 245 millions d’euros par an ensuite. Or, selon les douanes italiennes, le nombre de colis de faible valeur arrivant directement en Italie depuis l’extérieur de l’UE entre le 1ᵉʳ et le 20 janvier a diminué de 36 % par rapport à la même période l’an dernier. Des effets secondaires très critiqués, au point qu’un député de Forza Italia, membre de la coalition gouvernementale tripartite de Meloni, a proposé aux parlementaires de reporter la taxe jusqu’au 1ᵉʳ juillet, date prévue de l'entrée en application de la taxe européenne sur les petits colis. En effet, à partir de cette date, les marchandises entrant dans l'UE dans des petits envois et dont la valeur est inférieure à 150 euros seront soumises à des droits de douane fixes de 3 euros.

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Généralisation de la taxe

Reste l’Italie et la plupart des pays européens sont bien décidés à continuer leur politique de lutte contre les livraisons chinoises. Et pour cause, rien qu’en 2024, ce sont 4,6 milliards de colis de moins de 150 euros qui ont déferlé sur l’Europe, soit plus de 145 envois chaque seconde. 91 % venaient de Chine. La quantité de colis est tellement importante que les douanes n’arrivent pas à tous les contrôler. L’Europe critique notamment la concurrence déloyale pour les producteurs et les commerçants européens ainsi que l’impact carbone de ces livraisons.

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Maxime Heuze

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