Inquiet pour son avenir, le Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement de Gironde demande l’appui du Département

Manifestation des salariés du CAUE 33 ce lundi 8 juin 2026.
Nicolas Beublet / La Tribune

Manifestation des salariés du CAUE 33 ce lundi 8 juin 2026.
Nicolas Beublet / La Tribune
Une dizaine d’architectes et de paysagistes du Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement (CAUE) de la Gironde distribuent des tracts devant les entrées du siège du Département, ce lundi matin. Ils sont venus défendre leurs emplois et leurs missions, alors que six de leurs collègues ont déjà été licenciés en 2025, sur un effectif total de 26 personnes.
En 2026, dix emplois de plus sont menacés. « L’équivalent d’une perte de 60 % de [leurs] effectifs initiaux. Autant dire une condamnation à la fermeture », alerte un communiqué de la CGT CAUE. Les CAUE, présents dans la quasi-totalité des départements français, conseillent gratuitement mairies et particuliers dans leurs projets de construction. « Notre conseil est indépendant et adapté au changement climatique », expose Étienne Saliege, architecte-paysagiste du CAUE de la Gironde et syndiqué CGT CAUE.
Les difficultés de financement des CAUE sont réelles partout, causées par des changements de perception de la taxe d’aménagement, principal mode de financement de ces structures. Une taxe prélevée sur les autorisations d’urbanisme dans le cas de permis de construire ou d’aménagement.
« Auparavant, elle était perçue au dépôt du permis de construire par le ministère de la Transition écologique. Maintenant, elle est perçue à la fin des travaux et par la direction générale des Finances publiques », poursuit Étienne Saliege. Le logiciel de suivi n’est pas au point, et la DGFIP n’a pas suffisamment de personnel pour assurer la collecte. Pour la CGT CAUE, il s’agit d’un « sabotage de la fiscalité environnementale ».
En 2025, la taxe d’aménagement perçue par le Département de la Gironde s'est élevée à 4,7 millions d’euros, trois fois moins que les 15 millions d’euros versés avant la réforme.
« Il manque 40 millions d’euros à destination des CAUE en France en 2025. Le budget des CAUE en France, en moyenne, est de 110 millions d’euros », alerte Étienne Lesage devant le siège du Département. Une goutte d’eau par rapport au budget des dépenses publiques.
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Les salariés du CAUE de la Gironde attendent donc un soutien fort de la collectivité qui leur affecte cette taxe : le Département de la Gironde. Malheureusement, celui-ci est également en proie à d'importantes difficultés financières et doit « faire des choix difficiles », selon les mots de son président Jean-Luc Gleyze adressés aux salariés avant la séance plénière de ce lundi.
Le vote d’une révision du budget 2026 du Département a eu lieu dans la matinée. Un moment crucial pour le CAUE : dans la première version du budget 2026, le Département attendait 10 millions d’euros de recettes de taxe d’aménagement. La seconde version, votée ce lundi, ampute ce montant de 4,5 millions d'euros, suivant l’avis de la Chambre régionale des comptes (CRC). La répartition de cette enveloppe, ventilée entre la gestion des espaces naturels sensibles et le fonctionnement du CAUE, sera ensuite actée le 29 juin.
Dans ce contexte, pour tenter de sauver sa peau, le CAUE de la Gironde fait valoir les missions d’intérêt général qu’il porte : un rôle d’ingénierie locale pour les territoires ruraux sous-dotés en la matière. Le CAUE forme et accompagne les élus et les professionnels, sensibilise et conseille les particuliers sans avoir « quelque chose à vendre », martèle Étienne Saliege. Avant la baisse de son budget, 61 points de permanence étaient animés par la structure. Il n’y en a plus que 39 en 2026.
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Que fera le Département de la Gironde qui a déjà annoncé l'arrêt de Gironde Ressources et Gironde Tourisme ? Lors d’un point presse précédant le vote, Céline Goeury, conseillère départementale de la majorité socialiste, a expliqué que « la CRC invite le Département à réduire la subvention au CAUE. » Les élus se disent néanmoins « convaincus de l’intérêt des CAUE pour les collectivités et les habitants » et seront à leur côté le 16 juin, pour une mobilisation devant la préfecture. Le département soutiendra également auprès du ministère la mise en place d’un fonds d’urgence pour les CAUE.
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