Invités des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence ce jeudi, le maire (PS) de Paris, Emmanuel Grégoire, et le directeur général France et Benelux d’Airbnb, Clément Eulry, ont, tous les deux, appelé à favoriser l’investissement locatif. Objectif : remettre des locations de courte durée sur le marché.Les chiffres datent de décembre 2023 mais n’ont pas pris une ride. Selon un recensement de l’Atelier parisien d’urbanisme, la part de résidences secondaires a presque doublé, passant de 5,7 % à 9,6 %, entre 1999 et 2020. Ce n’est guère mieux du côté des logements vides, dont le pourcentage se stabilise à 9,2 % depuis 2006. Autrement dit, près de 20 % des habitations, soit 262 000 au total, échappent au parc des résidences principales rien qu’intra-muros.
« Nous sommes un amplificateur d’accueil de l’offre touristique et de travailleurs, un amplificateur de revenus. C’est la France des classes moyennes qui considère que le travail ne paie plus assez », a déclaré, ce jeudi après-midi, Clément Eulry, le directeur général d’Airbnb France et Benelux, invité à débattre avec Emmanuel Grégoire, le maire (PS) de Paris, aux Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, sur le thème du logement.
« Le logement locatif n’est pas rentable »
À l’écouter, 92 % des propriétaires sur Airbnb louent leur logement occasionnellement. « Sur les quartiers en tension, il faut cibler et donner envie aux investisseurs locatifs de faire de la location longue durée. Proportionnez les actions sur ces quartiers », a ajouté Clément Eulry à l’adresse d’Emmanuel Grégoire.
« S’il y a une crise du logement locatif, c’est parce qu’il n’est pas rentable. Je n’ai pas d’ostracisme pour Airbnb. Je n’ai rien contre Airbnb. Que les Parisiens louent leur appartement deux ou trois mois, ça ne crée aucune distorsion de concurrence et ça met du beurre dans les épinards, j’adore ! », s’est exclamé le maire de Paris, en réponse. Et de promettre de « mener des batailles contre les meublés touristiques illégaux ».