Les entreprises artisanales de l’alimentation – boulangeries, boucheries-charcuteries et poissonneries – ne profitent pas du dynamisme affiché par le secteur artisanal ces dernières années, alors qu’elles sont déjà peu répandues dans les communes françaises.
1,521 million d'entreprises : tel est le nombre d’entreprises artisanales en France, selon le dernier Baromètre du secteur réalisé par l’Institut supérieur des métiers (ISM) et l’assureur MAAF, sorti ce jeudi. Un nombre en hausse de 22 % par rapport à 2019, « une progression dix fois supérieure à celle de la population française (+2 %) », comparent les auteurs.
Grâce à cette progression, davantage de communes sont désormais dotées de services de l’artisanat dits « essentiels ». À savoir des entreprises qui proposent des travaux de la maison (maçonnerie, menuiserie, plomberie, etc.) ou de la réparation automobile, des coiffeurs, des boulangeries…
« Partout, des communes rurales aux grandes métropoles, les artisans sont plus nombreux et confortent leur rôle de service de proximité essentiel à la population », se réjouit Anne-Sophie Prissé, directrice marketing et communication de la MAAF, citée dans un communiqué.
L’alimentation fait exception
Exception faite pour les métiers de l’alimentation. À peine plus d’un tiers des communes sont dotées d’une boulangerie (37 %, stable en cinq ans). C’est moins encore pour les boucheries-charcuteries, dont le nombre a même baissé en cinq ans, passant de 21 % à 20 %, seule activité en recul. Pire encore pour les poissonneries : on en trouve dans seulement 4 % des communes (un chiffre néanmoins stable).
À l’inverse, les instituts de beauté et d’onglerie sont les entreprises du secteur artisanal qui se sont le plus répandues, présentes dans 41 % des communes en 2024 contre 30 % cinq ans plus tôt. Si la progression est moins marquée pour les différentes activités du bâtiment, ces structures consolident leur ancrage avec une présence dans au moins la moitié des communes françaises.
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Du côté des territoires, la dynamique est particulièrement portée par les zones rurales (+24 % d’entreprises artisanales entre 2019 et 2024). Mais l’ancrage des artisans a bel et bien augmenté aux quatre coins de la France, quelle que soit la taille des agglomérations : +23 % dans les petites villes, +21 % dans les moyennes, +19 % dans les grandes.
Même les départements qui perdent des habitants affichent un dynamisme. À l’instar des Vosges (+23 % d’entreprises artisanales en cinq ans), de la Meuse (+21 %) ou encore de l’Aisne (+19 %).
C’est en Outre-mer que ces sociétés ont le plus progressé, ainsi que sur l’arc atlantique, le littoral méditerranéen, le quart sud-est et les Hauts-de-France. A contrario, Paris et les départements de la petite couronne font partie de ceux où la progression est la plus faible.
Évolution du nombre d'entreprises artisanales entre 2019 et 2023 (en % d'augmentation). (Crédits : Données et carte : ISM et MAAF / Infographie : La Tribune)
« La géographie de l’artisanat bat en brèche bien des idées reçues », estime Catherine Elie, directrice des études de l’ISM, également citée dans le communiqué. Et de temporiser : « Pour autant, tous les signaux ne sont pas au vert (…) Derrière la vitalité entrepreneuriale, c’est la question de la consolidation de ce tissu de très petites entreprises dans les territoires qui se pose. »
Le dynamisme affiché par les entreprises artisanales ces cinq dernières années se situe en effet dans un contexte de forte progression générale des créations d'entreprises en France (+36,3 % entre 2019 et 2024). Une situation facilitée par des dispositions législatives favorables, ce qui questionne sur l’avenir.