« Je veux être un président de combat », Frédéric Carré est candidat à la présidence de la Fédération française du bâtiment

Frédéric Carré
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Frédéric Carré est tombé dans la marmite du bâtiment quand il était petit. Dès son plus jeune âge, il accompagne, sur les chantiers, son père, artisan expert dans la fabrication de grilles en fer forgé. Les années passent et la TPE familiale devient le groupe Carré, spécialisé dans la métallerie et la construction métallique, de Toulouse à Bordeaux. Après son bac et un DUT en génie civil, il rejoint l’entreprise et se forme en alternance.
Tant et si bien qu’en 2004, le jeune trentenaire rachète à son père la société qui emploie désormais 150 salariés et réalise un chiffre d’affaires de 21,6 millions d’euros. L’année suivante, Frédéric Carré devient représentant des groupes jeunes dirigeants à la Fédération française du bâtiment (FFB) Haute-Garonne. C’est avant de se faire élire, en 2012, président de la Fédération du bâtiment et des travaux publics (FBTP) Haute-Garonne.
Un engagement syndical qui lui vaut de participer à la création du « small business act à la toulousaine » voulu par le maire (UMP) de la Ville rose, Jean-Luc Moudenc, élu quelques mois plus tôt. « L’idée était de créer une démarche pour travailler avec l’État et les professionnels en vue d’une utilisation respectueuse de la commande publique et d’une optimisation de l’accès des entreprises locales », se souvient aujourd’hui l’édile de Toulouse.
« Nous avons mis en place une feuille de route pour diminuer les délais de paiement, à savoir un paiement à la commande pour permettre aux entreprises d’avoir de la trésorerie et d’honorer leurs engagements vis-à-vis de la collectivité. Les résultats sont là : entre 2015 et 2024, le volume de la commande publique est passé de 560 millions à 1 milliard d’euros à l’échelle de la métropole », poursuit Jean-Luc Moudenc auprès de La Tribune.
Une action dont lui sait gré Mathieu Roudié, l’actuel président de la FFB Haute-Garonne : « C’est Frédéric Carré qui a mis en place la charte Ethibat RSE en 2015, engageant les entreprises signataires à des comportements vertueux, et le « Small business act à la toulousaine » avec le président de la métropole de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, permettant une avance forfaitaire de 30 % pour engager les travaux et les achats, des délais de paiement de moins de 30 jours et l’engagement des opérateurs publics de la galaxie de la métropole à privilégier l’achat local, dans le cadre de la loi bien sûr ».
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Et quand Jean-Luc Moudenc est réélu au Capitole en 2020, Frédéric Carré prend la présidence de la FFB Occitanie. « Porte-parole à la fois fiable et reconnu, il se distingue par une expertise solide et un engagement constant au service des entreprises. Sa capacité à fédérer en fait une figure rassembleuse et respectée, avec une connaissance fine des territoires comme des problématiques que vivent les entreprises du bâtiment », témoigne, ainsi pour La Tribune, Carole Delga, présidente (PS) de la région Occitanie.
Dans la foulée, il est élu, par ses pairs, vice-président du Medef Occitanie et président d’Action logement immobilier (ALI) en 2021. « Ultra-concret, ultra-opérationnel et ultra-fiable, Frédéric Carré a transformé ALI avec une vision très précise et il a réussi. C’est un combattant mais avec des valeurs saines de pondération et d’équilibre. Nous en avons bien besoin en ce moment », confie, à La Tribune, Fabrice Le Saché, vice-président du Medef.
De là, il est repéré par le président de la FFB, Olivier Salleron, qui, en 2023, en fait son premier vice-président, chargé de la politique de développement, puis président du Conseil des Régions. Aujourd’hui, le quinquagénaire (51 ans), marié et père d’un garçon, Martin, 19 ans, étudiant en école d’ingénieur génie civil, se lance : il est candidat à la présidence de la FFB en mars prochain.
« Ma candidature est la suite logique de mon engagement syndical depuis plus de vingt ans sur le terrain où j’ai partagé les préoccupations des chefs d’entreprise et artisans du bâtiment. C’est ce qui me donne la force et la volonté de les représenter. Il y a trois ans, je me suis cassé la colonne vertébrale mais aujourd’hui, je suis debout car je me suis battu. À la sortie du Covid, mon entreprise, comme beaucoup d’autres, a connu des difficultés, mais aujourd’hui, le groupe Carré va bien, car, là encore, je me suis battu. Vous l’aurez compris, pour la FFB, je veux être un président de combat. Nous avons besoin d’un président à l’offensive pour affronter les nombreux défis de l’avenir » déclare, à La Tribune, Frédéric Carré.
Ses priorités tiennent en cinq axes : militer pour le développement de l’activité pour tous les territoires, accélérer dans l’innovation au service de la performance des entreprises, attirer, former et fidéliser pour construire avec les talents de demain, moderniser le réseau pour des territoires et des métiers au service des adhérents, imposer ses positions politiques pour défendre sa profession et sa vision de l’entrepreneuriat auprès des pouvoirs publics.
« J’entends être un président engagé pour une FFB indépendante, plus forte et plus influente auprès des pouvoirs publics et dans tous les territoires. Je veux défendre un modèle d’entreprise qui valorise l’emploi, nos savoir-faire, et attire les jeunes. Je veux une fédération qui accompagne et fait gagner les entreprises de toutes tailles, et de tous les métiers » persiste et signe Frédéric Carré.
Qui est soutenu par le président toulousain de CCI France. « Frédéric Carré a commencé en bas de l’entreprise familiale. Il connaît ce métier par cœur. C’est un homme de parole, un homme de valeurs, un fédérateur… Ce n’est pas pour rien qu’il a reçu une éducation de rugby, son papa étant le président de l’école de Colomiers Rugby : il a le sens du collectif, l’esprit d’équipe ! Il ne se met pas en avant, il œuvre avec les autres », loue Alain di Crescenzo.
Frédéric Carré devra néanmoins affronter, en mars prochain, Christophe Possémé, président du Bâtiment associé, vice-président de la FFB et président de l’Union de la maçonnerie et du gros œuvre (UMGO) ainsi que Jacques Blanchet, président de la métallerie groupe Blanchet, qui a démissionné de la région Auvergne Rhône-Alpes où il était, depuis 2015, vice-président chargé de la Formation professionnelle et de l’Apprentissage. L’élection est prévue entre le premier et le second tour des élections municipales pour une prise de poste en juin prochain.