Jean-Charles Naouri, premier actionnaire et PDG de Casino pendant des décennies, va comparaître devant le tribunal correctionnel de Paris pour manipulation de cours et corruption.
L’ancien actionnaire principal et patron du groupe, qui a changé de main en 2024 après une grosse restructuration de sa dette, est jugé à partir de mercredi pour manipulation de cours et corruption. L’affaire remonte à 2018-2019 et concerne également un autre grand distributeur concurrent, Carrefour.
Le procès commence ce mercredi et va durer trois semaines. Jean-Charles Naouri, premier actionnaire et PDG de Casino pendant plusieurs décennies, doit être jugé par le tribunal correctionnel de Paris pour manipulation de cours et corruption.
Il est la figure centrale d’une affaire qui implique aussi trois anciens cadres du groupe, un éditeur de presse – Nicolas Miguet – et la société Casino Guichard Perrachon, qui a changé de mains en 2024. Tous sont cités devant le tribunal pour des infractions connexes.
Fonctionnement opaque
L’affaire, qui remonte à 2018-2019, est d’autant plus sensible qu’elle concerne également un autre grand distributeur concurrent, Carrefour. Son PDG, Alexandre Bompard, en poste depuis 2017, a d’ailleurs été entendu, à la demande de la défense de Jean-Charles Naouri, par les enquêteurs en qualité de témoin, avec son conseiller de l’époque à la banque Lazard, Matthieu Pigasse.
Le procès pointe en outre du doigt, une fois de plus, le fonctionnement opaque de Casino à l’ère Naouri, qui a conduit le groupe au démembrement à cause d’une dette devenue insoutenable. « Ce procès est le procès du passé », a d’ailleurs tenu à rappeler à l’AFP la direction actuelle du groupe, repris par le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky et ses alliés.
Des rumeurs de négociations entre Casino et Carrefour
Selon les enquêteurs, Casino aurait manœuvré pour maintenir artificiellement le prix de son action après avoir traversé, en septembre 2018, une tempête boursière. Il aurait notamment recouru aux divers canaux de diffusion de Nicolas Miguet, surtout auprès d’actionnaires individuels, sous couvert d’une convention de prestation de conseils d’environ 800 000 euros : un lien financier dont le public n’avait pas été informé.
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Nicolas Miguet conseillait notamment de vendre des titres Carrefour et d’acheter des titres Casino. Or l’Autorité des marchés financiers (AMF), à l’origine du signalement, considère que « Casino aurait piloté la fuite de rumeurs de négociations en cours sur un rapprochement avec Carrefour, dans le but de faire monter le cours avant d’y mettre fin publiquement », selon la note aux fins de poursuite du parquet national financier (PNF) révélée par Les Échos.