Grande distribution : Carrefour et Auchan mis à l'épreuve par un modèle fragilisé
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STEPHANIE LECOCQ
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Ce jeudi 24 s'annonce comme une journée sensible pour la grande distribution. Auchan et Carrefour doivent tous les deux présenter leurs résultats semestriels, très attendus alors que sur ceux deux groupes, respectivement numéro deux et cinq du marché, des doutes s'accumulent depuis des mois.
Si l'Assemblée générale de Carrefour, qui s'est tenue fin mai, s'est finalement passée sans grands heurts, l'entreprise est, en effet, confrontée à plusieurs défis déstabilisants. En mai, son action avait dégringolé à la Bourse de Paris après des révisions en baisse par des analystes des estimations de ses résultats pour le premier semestre de l'année. Le modèle qui représente désormais la moitié de son chiffre d'affaires en France, la franchise, est en outre suspendu à plusieurs actions judiciaires de ses franchisés qui contestent le partage des résultats économiques. Même si elles concernent un nombre restreint de contrats, elles pourraient ouvrir une brèche dangereuse, soulignent plusieurs observateurs.
D'autant qu'un fonds activiste, Whitelight Capital, critique depuis des mois la gestion du PDG, Alexandre Bompard. Et dans un contexte de revue radicale de son portefeuille, le groupe fait depuis des années l'objet de tentatives de rachat non abouties.
Auchan, qui a lancé en novembre 2024 un plan de restructuration impliquant la suppression de quelque 2 400 emplois en France, vient pour sa part d'annoncer sa volonté de céder 19 de ses supermarchés à Lidl, avec qui il est entré en négociations exclusives. Neuf font partie des 100 qu'il avait repris à Casino en 2024 dans l'espoir de se relancer. Huit magasins supplémentaires risqueraient la vente ou la fermeture, selon La Lettre.
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Auchan et Carrefour sont tous les deux hantés par le destin de Casino, qui entre 2023 et 2024 a été contraint par sa situation financière à se séparer de 400 magasins, et dont une nouvelle restructuration de la dette se profile, comme l'a révélée récemment La Tribune. Le groupe continue d'ailleurs de tenter de céder des magasins, y compris désormais de Monop et Monoprix, pourtant au cœur du projet de relance du nouveau PDG Philippe Palazzi.
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