En 2015, Casino comptait 300.000 salariés à travers le monde et réalisait plus de 45 milliards d'euros de chiffre d'affaires dans près de 15.000 points de vente. Le distributeur stéphanois pesait alors environ 11,5% des parts de marché en France. Dix ans plus tard, les chiffres de Casino n'ont plus grand-chose à voir avec sa flamboyance des dernières décennies.
Étranglé par une dette de plus de 6 milliards d'euros et repris l'année dernière par le trio Kretinsky, Ladreit de Lacharrière et Attestor, Casino s'est recentré sur la France où il représente aujourd'hui moins de 3% des parts de marché suite à la cession de ses hypermarchés et supermarchés. Le chiffre d'affaires 2024 s'est affiché à 8,5 milliards d'euros, et le groupe compte désormais 25.000 salariés. La mise en œuvre des différents Plans de Sauvegarde de l'Emploi est en train de se finaliser, avec à la clé la suppression de 2.300 emplois.
Les pouvoirs publics et les services de l'État auraient-ils pu éviter ce naufrage ? Auraient-ils pu ou dû intervenir autrement dans les autres plans sociaux d'envergure qui se multiplient ces derniers mois ? C'est ce que veut explorer la commission d'enquête parlementaire créée en mars dernier et présidée par Denis Masséglia (Groupe Ensemble pour la République), avec l'écologiste Benjamin Lucas-Lundy comme rapporteur. Plusieurs cas d'étude ont été choisis. Dont Michelin, dont les syndicats et la direction ont été entendus le mois dernier. Ou encore, Camaïeu, Auchan, Vencorex, ArcelorMittal. Et donc, ce mardi matin, Casino.