Du fisc aux douanes, la déferlante de l'IA provoque stupeur et malaise à Bercy
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Le ministère des Finances dans le 12ème arrondissement de Paris.
REUTERS - Abdul Saboor
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Le ministère des Finances dans le 12ème arrondissement de Paris.
REUTERS - Abdul Saboor
Licenciements en masse chez le géant de l’informatique HP, suppressions de postes par milliers chez Amazon ou Nestlé…la liste des mauvaises nouvelles s’enchaînent dans le monde du travail. Dans la course effrénée à l’intelligence artificielle (IA), les multinationales ont encore appuyé sur l’accélérateur ces derniers mois aux États-Unis et en Chine, suscitant de vives inquiétudes sur le possible éclatement d’une bulle.
Dans l’Hexagone, l’administration fiscale en pointe sur l’intelligence artificielle (IA) multiplie également les projets à tout va depuis une dizaine d’années pour traquer la fraude fiscale ou les piscines non déclarées. Mais l’opacité sur les outils en cours de développement et le manque de dialogue social sur les choix technologiques de Bercy provoquent des craintes.
En première ligne, la patronne de la direction générale des finances publiques (DGFIP) Amélie Verdier avait ainsi évoqué quelques projets en cours d’expérimentation à l’été dernier lors de la présentation du rapport annuel d’activité, sans vraiment apporter de précision. Il faut dire que le sujet est extrêmement sensible à Bercy au moment où plusieurs centaines de postes pourraient encore être supprimées cette année. En parallèle, l’impact sur le travail des agents et responsables est encore très loin d’être documenté.
Pour tenter d’y voir plus clair, le laboratoire Inria a mené une enquête auprès des fonctionnaires du ministère des Finances depuis le printemps 2024. La Tribune s’est procuré les résultats préliminaires. Menée par des sociologues du travail, cette enquête révèle le déficit de « dialogue social » entre les directions et les représentants du personnel à la DGFIP, la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) et DGDDI (la Direction générale des Douanes et Droits indirects).
Or, « une implication active des agents dans la conception et tout au long du cycle de vie du SIA [système d’intelligence artificielle] pourrait avoir des effets favorables, tant sur les conditions de travail des agents que sur les objectifs organisationnels liés à la productivité », soulignent les chercheurs. Contactées par La Tribune, plusieurs sources à la DGFIP ont confirmé que le dialogue social est au « point mort » actuellement sur ce dossier explosif. Une situation rendue encore plus tendue alors que plusieurs fiascos algorithmiques ont éclaté ces derniers mois, mis en lumière dans un rapport rédigé par Christine Pirès-Beaune, députée PSn et David Amiel,ex-député Renaissance et actuel ministre de la Fonction publique et de la réforme de l'Etat.
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