Un rapport parlementaire sans concession dénonce les coupes budgétaires et l'absence de stratégie claire pour l'avenir. Des aides supprimées, des centres de formation fragilisés : quelles sont les réelles conséquences pour les jeunes et l'emploi en France ? Tour d'horizon de cette politique de l'emploi avant le budget 2027.Et si l’apprentissage faisait les frais des coupes budgétaires à l’aveugle ? Dans un rapport au vitriol rendu ce mardi 30 juin, les députés Emmanuel Maurel (GDR) et Estelle Mercier (PS) dénoncent les coups de rabot dans les finances de cette politique de l’emploi. Celle-ci est portée par le chef de l’État Emmanuel Macron depuis son premier mandat. Présenté en commission des finances, ce travail réalisé dans le cadre du Printemps de l’évaluation dénonce « une sortie de crise ratée pour l’apprentissage ».
« À l’issue de deux lois de finances ayant amputé le budget des politiques du travail et de l’emploi, les perspectives de la formation par l’apprentissage sont inquiétantes », soulignent les deux rapporteurs dans l’introduction. Contactée en amont de la présentation, Estelle Mercier déplore « qu’après la libéralisation de l’apprentissage en 2018, le gouvernement semble aujourd’hui naviguer à vue. Il alterne entre ouverture sans régulation et coups de rabot budgétaires sans stratégie de long terme. Or, l’apprentissage ne peut pas être une simple variable d’ajustement budgétaire. » En plein débat budgétaire, un nouveau tour de vis trop brutal en 2027 pourrait avoir des répercussions désastreuses.
Une rigueur budgétaire « sans stratégie d’avenir »
À l’issue de nombreuses auditions, les députés ont fait le bilan de la rigueur budgétaire appliquée depuis quelques années: cette régulation a souvent pris la forme « de restrictions budgétaires souvent uniformes, dictées par les contraintes de la réduction de déficit public et sans stratégie d’avenir ». Pour rappel, la politique de l’apprentissage a bénéficié d’un soutien massif de l’État à partir de la pandémie de 2020 et du plan de relance. En documentant les aides dans plusieurs travaux menés pour l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), l’économiste Bruno Coquet a démontré que les dépenses avaient explosé en seulement quelques années.