À mi-année, les comptes de l'Assurance maladie dérapent. Le 18 juin, le comité de suivi de l'Objectif national de dépenses d'assurance maladie (Ondam) a rendu un avis alertant « d'un risque sérieux de dépassement de l'Ondam fixé par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2025 ».
Alors que le gouvernement a mis en réserve 1,1 milliard d'euros, le dépassement de l'Ondam pourrait être supérieur à 1,3 milliard d'euros cette année. Un seuil qui correspond à 0,5 % de son montant - 265,9 milliards d'euros en 2025, en progression de 3,4 % par rapport à 2024 - et au-delà duquel les dépenses d'assurance maladie arriveraient en zone rouge.
Depuis janvier, le glissement des dépenses s'explique notamment par le dynamisme des soins de villes et des indemnités journalières en forte hausse (+6,7 % entre janvier et avril par rapport à la même période en 2024), mais aussi par l'incertitude quant aux économies prévues sur les remboursements de médicaments.
Conséquence de l'avis rendu par Jean-Pierre Viola, secrétaire général de la commission des comptes de la Sécurité sociale, Alain Cordier, ancien directeur des Hôpitaux de Paris (AP-HP) et Jean-Luc Tavernier, directeur général de l'Insee (il quittera ses fonctions le 30 juin), la revalorisation pécuniaire de certains professionnels de santé prévue le 1er juillet - médecins spécialistes, masseurs-kinésithérapeutes, chirurgiens-dentistes libéraux, selon le site d'informations médicales Egora - est reportée au 1er janvier 2026. Le prix de la consultation en pédiatrie devait, par exemple, augmenter de 54 euros à 60 euros.