La fraude aux prélèvements sociaux liée au travail dissimulé coûte au moins 8,5 milliards d’euros par an à la Sécurité sociale. Ce chiffre, issu du rapport de la Cour des comptes publié ce jeudi, souligne l’ampleur d’un phénomène que l’État ne parvient pas à endiguer. Entre 2019 et 2025, les schémas illégaux ont gagné en complexité. Ils s’appuient désormais sur des sociétés éphémères et des cascades de sous-traitance.
Le président de la sixième chambre de la Cour, Bernard Lejeune, dénonce une multiplication d’acteurs sans coordination réelle : « C’est une politique sur laquelle il ne s’est pas rien fait », mais « le problème, c’est que vous avez beaucoup de plans d’action mis en place et surtout, beaucoup d’acteurs ». Les priorités divergent d’une administration à l’autre. La mission interministérielle de coordination anti-fraude (Micaf) ne parvient pas à imposer une stratégie commune sous l’autorité du Premier ministre.