L’organisme public chargé de la collecte des cotisations et contributions sociales a notifié près de 1,6 milliard d’euros de redressements aux employeurs et aux travailleurs indépendants en 2024. Seul hic, il n’a recouvré que 121 millions d’euros dans les caisses.
C'est une certitude, l'Urssaf progresse dans sa détection du travail dissimulé (non-déclaration d'un salarié, déclaration partielle d'heures de travail, etc.). En 2024, « près de 1,6 milliard d'euros de cotisations et contributions sociales (ont été) redressées, soit une hausse de 34 % par rapport à 2023 », indique l'organisme public dans son dernier rapport d'activité. Une somme jamais atteinte concernant ce délit passible d'une peine de trois ans de prison et de 45 000 euros d'amende.
Pour rappel, l'Urssaf avait notifié 1,2 milliard de redressements en 2023 et « seulement » 788 millions d'euros en 2022. La lutte contre la fraude s'est bien intensifiée ces trois dernières années.
Dans le détail, le montant de 1,6 milliard d'euros se décompose ainsi : plus d'un milliard provient de « cotisations et contributions non déclarées (69 %), tandis que 490 millions correspondent à des sanctions et à la suppression d'exonérations indues (31 %) », détaille le rapport.
Si trois secteurs apparaissent très perméables à la fraude, le bâtiment et travaux publics (BTP) semble de loin le plus exposé. Le secteur de la construction s'est vu notifier 877 millions d'euros de redressements par l'Urssaf l'année dernière. C'est un montant bien supérieur aux services aux entreprises (207 millions d'euros) et au commerce (57 millions d'euros).
Pour afficher ce résultat « historique », l'Urssaf a engagé pas moins de « 6 756 actions ciblées dont 4 121 sur les employeurs et 2 635 sur les travailleurs indépendants », précise l'organisme à La Tribune. C'est-à-dire en sélectionnant des « entreprises présentant un profil à risque de dissimulation d'activité ou de déclaration d'emploi et susceptibles de déboucher sur des redressements, grâce à un faisceau d'indices établi en amont du contrôle ». Un travail méticuleux qui a abouti dans « 86 % des cas » à un redressement.
Newsletter
L’Alerte La Tribune
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.