Le désormais ex-patron de la SNCF embarque à bord du train gouvernemental, mené par Sébastien Lecornu, avec la lourde tâche de réviser la réforme des retraites. Un dossier piégeux s'il en est, qui peut faire dérailler le gouvernement à tout moment.Pour une première ascension en politique, Jean-Pierre Farandou débute directement par la face nord. Celui qui vient d'être nommé à la tête du ministère du Travail et des solidarités, au sein du deuxième gouvernement Lecornu, va devoir prendre en charge le très épineux dossier de la réforme des retraites, qui cristallise à lui seul une bonne partie des lignes rouges des différents partis politiques, de droite comme de gauche.
Alors que Catherine Vautrin, poids lourd des différents gouvernements depuis début 2024, est partie au ministère des Armées remplacer Sébastien Lecornu, c'est donc le désormais ex-PDG de la SNCF qui va devoir remettre l'ouvrage sur le métier. Celui-ci est en suspens depuis quatre mois et l'échec du conclave voulu par l'ex-Premier ministre François Bayrou.
Marges de manœuvre serrées
Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, a estimé sur TF1 que l'arrivée de Jean-Pierre Farandou était « un bon signal ». Mais la grande question qui se pose est celle de la marge de manœuvre dont disposera le nouveau ministre. Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, n'a pas manqué de le rappeler à l'occasion d'un entretien accordé ce lundi à l'AFP
« Est-ce que son mandat, c'est d'enterrer la réforme de l'assurance chômage, de trouver un chemin pour mener à l'abrogation de la réforme des retraites ? Ou est-ce que tout va être décidé depuis Bercy » à partir d'« objectifs budgétaires » ?, a déclaré la dirigeante syndicale, qui attend désormais des actes.
Pour l'instant, la doctrine du nouveau gouvernement en la matière reste floue, entre décalage, suspension ou abrogation de la réforme et de sa mesure phare du report de l'âge légal de départ à 64 ans. Le ton sera sûrement donné demain par Sébastien Lecornu à l'occasion de son discours de politique générale. A l'image de Catherine Vautrin qui laissait entendre en juin dernier la nécessité d'interroger à nouveau l'âge de départ à la retraite, un espace de négociations semble néanmoins s'ouvrir pour Jean-Pierre Farandou.