Les députés ont adopté cet après-midi le budget de la Sécurité sociale. Les compromis ont fait des gagnants par rapport à la copie initiale du gouvernement, mais certains perdent au change.[Mis à jour le 16/12 à 18h35]
Le budget de la Sécurité sociale a été définitivement adopté à l'Assemblée nationale cet après-midi, à 247 voix pour et 232 voix contre. Après des débats intenses, les députés ont finalement fini par se mettre d'accord en deuxième lecture la semaine dernière, confirmé cet après-midi. Le gouvernement de Sébastien Lecornu a réussi la prouesse de faire passer cette loi sans utiliser le 49.3, au prix d'un compromis musclé avec différents partis politiques, en particulier avec le Parti socialiste. Les sénateurs ont ensuite rejeté d'emblée le texte, estimant qu'il s'agissait d'un « échec », eux qui avaient remanié l'intégralité des propositions votées en première lecture à l'Assemblée.
À l'issue de ces discussions de plusieurs semaines, certains repartent donc gagnants de ces compromis par rapport à la copie initiale, d'autres sont laissés sur la touche.
Retraités, entreprises et médecins gagnants
Premiers gagnants des compromis avec le Parti socialiste : les retraités. Ces derniers étaient particulièrement visés dans le budget de la Sécu proposé par le gouvernement avec une volonté de geler les pensions de retraites. Cette mesure était l'une des principales sources de recettes, avec 2,5 milliards d'euros dans les caisses de la Sécurité sociale. Les pensions de retraite seront donc toutes revalorisées au 1er janvier 2026 sur l'inflation, soit à hauteur de 0,9 %. Il en est de même pour les prestations sociales qui devaient aussi être gelées.
La gauche a également obtenu la suspension de la réforme des retraites jusqu'en 2028, permettant ainsi aux personnes nées en 1964 et en 1968 de partir un trimestre plus tôt que prévu ou de bénéficier d'une bonification de sa retraite sur ce trimestre.
Bonne nouvelle aussi du côté des parents. Un nouveau congé de naissance, permettant aux parents de prendre jusqu'à deux mois supplémentaires chacun, sera en vigueur à partir de janvier 2027. Il s'ajoutera aux congés maternité et paternité existants. L'indemnisation sera votée par décret, mais devrait être de 70 % du salaire net le premier mois et de 60 % du salaire net le second.