Dans une note publiée mardi 14 avril par le Conseil d’analyse économique, trois économistes appellent à dépasser une approche purement budgétaire pour réformer l’assurance chômage et à prendre en compte le « gain » ou le « coût » social par euro dépensé. Alors que la dette de l’Unédic atteint 60 milliards d’euros, le CAE propose d’intégrer les effets comportementaux des chômeurs pour optimiser le rendement réel des réformes.Les informations à retenir
Pourquoi la réforme de l’assurance chômage est-elle critiquée par les experts ?
Le Conseil d’analyse économique juge que le durcissement des règles pénalise les jeunes et les précaires sans modifier durablement les comportements de retour à l’emploi.
Les experts préconisent d’abandonner la lecture purement budgétaire au profit d’un indice d’efficacité intégrant le coût social et les effets de report sur le RSA.
La note suggère de supprimer les spécificités des 55-57 ans, dont le système actuel favoriserait paradoxalement l’entrée précoce au chômage.
C’est une note du Conseil d’analyse économique (CAE), dévoilée mardi 14 avril, que Gabriel Attal devrait lire avec attention. Trois économistes — Alexandra Roulet, François Fontaine et Roland Rathelot — y expliquent pourquoi la réforme de l’assurance chômage (durcissement des conditions d’éligibilité et raccourcissement de la durée d’indemnisation) que portait l’ancien Premier ministre au printemps 2024, avant de se raviser après la débâcle de la majorité gouvernementale aux élections législatives, aurait été une grave erreur si elle avait vu le jour.
Pour le trio d’économistes, cette réforme du durcissement des conditions d’éligibilité aurait constitué le symbole d’une méthode datée, uniquement ciblée sur la recherche d’un gain budgétaire et ce, sans tenir compte du profil des demandeurs d’emploi ciblés par les mesures. Selon les experts, le décret « Attal » aurait surtout pénalisé les chômeurs jeunes et précaires, sans avoir d’effets notables sur les comportements.
Par ce travail de recherche, les trois économistes entendent faire évoluer l’approche de l’assurance chômage. Leur but est d’éviter aux parties prenantes — partenaires sociaux, administrations, Unedic, gouvernement, etc. — de nouvelles réformes mal ficelées. La priorité est de « sortir d’une lecture soit purement budgétaire, soit uniquement d’analyse comparative européenne », prévient Alexandra Roulet, qui conseilla le président Macron entre juin 2022 et septembre 2023.