La croissance pourrait à nouveau faire du surplace au second trimestre, prévoit la Banque de France sans faire de chiffrage. Entre la guerre au Moyen-Orient, le choc pétrolier, l'inflation, l'hantavirus, l'explosion des faillites...tous les indicateurs virent au rouge.Le printemps vire à l'orage pour l'économie française. Après un début d'année au point mort, la croissance économique continue de ralentir sous l'effet de la guerre au Moyen-Orient et de l'inflation. Et, les inquiétudes sur le hantavirus ne devraient pas améliorer la situation. « Il est trop tôt pour anticiper ses effets mais c'est incontestablement une mauvaise nouvelle », affirme Xavier Debrun, chef économiste de la Banque de France. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a prévu une réunion interministérielle ce mardi soir à l'hôtel de Matignon.
Mauvaise surprise du premier trimestre
Dans sa dernière enquête mensuelle de conjoncture dévoilée ce mardi 12 mai, la banque centrale n'a pas fait de prévision chiffrée pour le second trimestre. « Ce n'est pas inédit de ne pas publier un chiffre de croissance du PIB en début de trimestre. On met toutes ces informations dans des modèles de nowcasting. Si les résultats convergent, nous avons plus de confiance. Ici, ce n'est pas le cas », a affirmé Xavier Debrun, chef économiste à la Banque de France, lors d'une présentation à la presse. Au premier trimestre, les économistes avaient tablé sur une fourchette de prévision entre « 0,2 % et 0,3 % » de croissance. Compte tenu de la mauvaise « surprise » du premier trimestre à zéro avant même l'éclatement du conflit, la Banque de France redouble de prudence. « La résilience commence à être mise à l'épreuve. On constate les premiers effets de ce choc », a détaillé Xavier Debrun. Autre signe d'inquiétude, les faillites d'entreprises ont frôlé la barre symbolique des 70.000 en mars dernier, selon des données de la Banque de France.
Les services sous tension, l'industrie limite les dégâts
Par secteur, les services marchands sont à la peine. Au mois d'avril, l'opinion des dirigeants sur l'évolution de l'activité est proche de zéro. Et les projections sur le mois de mai sont en repli. Depuis 2022, ce recul de l'opinion des dirigeants dans les services n'est arrivé qu'à deux reprises. Compte tenu du poids du secteur tertiaire dans le PIB tricolore, cette opinion négative est une très mauvaise nouvelle pour l'activité à venir.