Confortablement élu, Thomas Cazenave prend les clés de Bordeaux Métropole

Déjà maire de Bordeaux, Thomas Cazenave a été très confortablement élu président de Bordeaux Métropole ce vendredi 24 avril 2026.
Agence APPA / Gilles Arroyo

Déjà maire de Bordeaux, Thomas Cazenave a été très confortablement élu président de Bordeaux Métropole ce vendredi 24 avril 2026.
Agence APPA / Gilles Arroyo
Le contraste est frappant avec l’ambiance de 2020, quand l’installation du conseil de Bordeaux Métropole s’était soldée par une crise ouverte entre la majorité PS-Verts et la minorité de droite et du centre. Ce vendredi 24 avril 2026, les rapports de force sont inversés en faveur de la droite et le premier conseil métropolitain s’est déroulé dans une ambiance bien plus consensuelle.
Désormais baptisé « Bordeaux Métropole Unie », le groupe de droite et du centre est majoritaire à lui seul avec 64 élus sur 104. Mais le maire (Renaissance) de Bordeaux, Thomas Cazenave, a tenu à aller chercher une assise encore plus large grâce au soutien de 20 des 25 élus du groupe socialiste.
« Plutôt qu’une cogestion, nous avons décidé de construire une nouvelle majorité assise sur un projet de mandature sur six ans. Cela ouvre un nouveau chapitre au sein de la Métropole, un acte de clarté démocratique », a fait valoir le nouveau patron de l’agglomération.
Il a été élu par une majorité écrasante de 84 voix sur 104, soit 81 % des votants et 100 % des suffrages exprimés, le reste étant des bulletins blancs ou nuls. À 48 ans, Thomas Cazenave devient donc le 9e président de Bordeaux Métropole, qui fédère 850 000 habitants de 27 communes et pilote un budget annuel de 2,2 milliards d’euros.
« Le fond du projet est en parfaite adéquation avec ce qu’on a posé pendant la campagne autour d’une métropole coopérative », a défendu Christine Bost, la présidente (PS) sortante de l’intercommunalité, pour justifier ce soutien marqué. Car les socialistes ont non seulement voté le projet de mandature mais s’engagent aussi à voter les budgets annuels d’ici 2032. En échange, ils obtiennent une dizaine de délégations thématiques.
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À l’inverse, les 14 élus écologistes ont « fait le choix de ne pas siéger dans l’exécutif ni de s’engager à voter son budget », pointant notamment des désaccords de fond sur le soutien à la LGV vers Toulouse, au projet d’EPR 2 à Blaye, ou encore au projet de contournement autoroutier. Autant de sujets sur lesquels, l’ex-majorité PS-Verts s’est déjà divisée par le passé.
À noter que Pierre Hurmic, le maire écologiste sortant de Bordeaux et 1er vice-président de la Métropole, âgé de 71 ans, a annoncé ce vendredi sa démission de ses mandats à la ville et à l’intercommunalité pour se consacrer à d’autres projets.
Au final, le projet de mandature a été, lui-aussi, largement adopté par 89 voix contre 15. Sur le fond, ce document de huit pages s’articule autour de cinq grandes orientations : la maîtrise des dépenses, les services quotidiens, les transitions écologiques et énergétiques, l’économie et la coopération avec les territoires voisins. « Il y a deux grands piliers : les enjeux de proximité pour les habitants de la Métropole et une métropole qui rayonne et qui s’ouvre au-delà de ses frontières », résume Thomas Cazenave.
Un audit financier sera lancé pour faire le tri dans les choix d’investissement et rationaliser les satellites tandis qu’une réduction de 3 % par an des dépenses de fonctionnement en 2027 est annoncée. Sur le plan de la proximité, il est question de propreté, de sécurité, de gestion des déchets, de logement et de mobilités, tandis que l’écologie se matérialisera notamment sur la gestion de l’eau, la rénovation du bâti, un plan de bornes de recharge pour les voitures électriques et le soutien à l’EPR 2.
En matière économique, Thomas Cazenave promeut « une métropole conquérante » et « une attractivité économique, culturelle et sportive ». Le soutien à la filière aéronautique, spatial, défense est réaffirmé tout comme à l’industrie, le numérique, la santé, les services et la viticulture. Un grand événement annuel de promotion du territoire est annoncé, sur le modèle du « Choose France » promu par l’Élysée au plan national.
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18 vice-présidents
Thomas Cazenave s’appuiera sur 18 vice-présidents (contre 20 dans la majorité sortante) à commencer par Christophe Duprat (maire de Saint-Aubin-du-Médoc) en charge des transports et mobilités, Franck Raynal (Pessac) en charge de la proximité, du « pacte girondin » et de l’OIM Inno Campus, et Emmanuel Sallaberry (Talence) qui pilotera les RH, les finances et le numérique.
L’attractivité et le rayonnement économique, l’industrie et les entreprises du numérique et de l’innovation sont attribués à Michel Poignonec (Villenave-d’Ornon) tandis qu’Eric Poulliat (Le Haillan) veillera sur la filière aéronautique, spatial, défense.
La transition écologique et énergétique sera pilotée par Catherine Fabre (Bordeaux) tandis qu’Alexandra Siarri (Bordeaux) hérite du logement, de la politique de la ville et de la cohésion sociale et Michel Labardin (Gradignan) de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire.
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