Iran : Téhéran juge la coopération avec l’AIEA « non pertinente » après le rétablissement des sanctions
latribune.fr
Selon l'AIEA, l'Iran est actuellement le seul pays non doté de l'arme nucléaire à enrichir l'uranium jusqu'à 60 %, un niveau proche du seuil technique de 90 % nécessaire à la fabrication d'une bombe atomique.
/FW1F/Matthew Lewis - REUTERS - Lisi Niesner
Iran : Téhéran juge la coopération avec l’AIEA « non pertinente » après le rétablissement des sanctions
Le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a estimé dimanche que l’accord conclu avec l’Agence internationale de l’énergie atomique n’avait plus lieu d’être, après le retour des sanctions de l’ONU.
Une prise de position attendue. L’Iran a déclaré dimanche que la coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) « n’est plus pertinente » depuis le rétablissement des sanctions onusiennes liées à son programme nucléaire. « De nouvelles décisions doivent donc être prises et, à mon avis, l’accord du Caire n’est plus pertinent dans la situation actuelle », a affirmé le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi devant des ambassadeurs étrangers à Téhéran.
Cet accord, conclu le mois dernier entre l’Iran et l’AIEA, devait marquer la reprise de leur coopération, suspendue en juillet après des bombardements de sites nucléaires iraniens attribués à Israël et aux États-Unis lors d’un conflit de douze jours. « L’accord du Caire ne peut plus servir de base à notre coopération avec l’AIEA », a le ministre, précisant qu’une décision sur la relation future avec l’agence « sera annoncée prochainement ».
L'ONU a rétabli ses sanctions contre l'Iran
Le 28 septembre, à l’initiative de la France, du Royaume-Uni et de l’Allemagne, l’ONU a rétabli ses sanctions contre l’Iran, dix ans après leur levée initiale. Téhéran avait averti qu’une telle décision entraînerait la suspension de toute collaboration avec l’AIEA.
Depuis, plusieurs responsables iraniens appellent à une sortie du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), auquel le pays adhère depuis 1970. Le traité impose aux États signataires de déclarer leurs matières nucléaires et de les placer sous contrôle international.
Selon l’AIEA, l’Iran est actuellement le seul pays non doté de l’arme nucléaire à enrichir l’uranium jusqu’à 60 %, un niveau proche du seuil technique de 90 % nécessaire à la fabrication d’une bombe atomique. Le programme nucléaire iranien reste au cœur des tensions avec les pays occidentaux, qui soupçonnent Téhéran de vouloir se doter de l’arme atomique. L’Iran, de son côté, affirme que ses activités nucléaires sont exclusivement civiles et destinées à la production d’électricité.
Newsletter
L’Alerte La Tribune
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.