Nucléaire : l’ONU rétablit ses sanctions contre l’Iran, Téhéran dénonce une « injustice »
latribune.fr
Le ministère iranien des Affaires étrangères a dénoncé des sanctions " injustifiables " et " illégales ", en appelant les pays membres de l'ONU à ne pas les appliquer.
Dix ans après leur levée, les sanctions de l’ONU visant l’Iran sont de nouveau en vigueur. Téhéran parle de mesures « illégales » tandis que les Occidentaux affirment vouloir préserver une issue diplomatique.
Les sanctions sont de retour. Depuis dimanche 00 h 00 GMT, l’ONU a rétabli l’ensemble des mesures prises contre l’Iran dans le cadre du dossier nucléaire, après l’échec de nouvelles négociations. Embargo sur les armes et restrictions économiques sont à nouveau appliqués, dix ans après leur levée.
Le ministère iranien des Affaires étrangères a dénoncé des sanctions « injustifiables » et « illégales », en appelant les pays membres de l’ONU à ne pas les appliquer. « La République islamique d’Iran défendra résolument ses droits et intérêts nationaux », a averti Téhéran dans un communiqué. Le président Massoud Pezeshkian a rejeté comme « inacceptable » la demande américaine de livrer « tout » l’uranium enrichi en échange d’un simple délai supplémentaire.
Les États-Unis demandent de mettre en œuvre les sanctions « immédiatement »
À l’origine de la relance du mécanisme de « snack-bars », le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne accusent l’Iran de ne pas avoir pris de mesures « concrètes » pour répondre aux demandes de l’AIEA : reprise des négociations indirectes avec Washington, accès aux sites sensibles bombardés en juin par Israël et les États-Unis, et garanties sur le stock d’uranium enrichi. Les Européens affirment cependant vouloir maintenir « une nouvelle solution diplomatique » et appellent Téhéran à « s’abstenir de toute action escalators ».
Les États-Unis demandent aux États de mettre « immédiatement » en œuvre les sanctions. À l’inverse, Moscou et Pékin jugent la décision inapplicable et accusent les Occidentaux de « saboter » la diplomatie, après avoir échoué à obtenir une prolongation du JCPOA. Le rétablissement des sanctions « ne doit pas être la fin de la diplomatie avec l’Iran », souligne de son côté l'UE alors qu'Israël qualifie cette décision de réponse aux violations de la République islamique dans son le dossier nucléaire.
Dix ans après l’accord de Vienne de 2015, qui plafonnait l’enrichissement d’uranium à 3,67 %, l’Iran dispose aujourd’hui de quelque 440 kg enrichis à 60 %, soit un stock qui pourrait permettre, selon des experts européens, de produire jusqu’à dix bombes nucléaires en cas de passage au seuil de 90 %.
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Ce durcissement diplomatique s’accompagne d’une nouvelle dégradation économique : la monnaie iranienne a chuté à son plus bas niveau historique face au dollar, selon plusieurs sites de suivi des changes. « Nous avons toujours déclaré notre disponibilité à un dialogue logique, équitable et juste fondé sur des critères clairs, mais nous n'accepterons jamais une négociation qui nous causerait de nouveaux problèmes et difficultés », a déclaré le président iranien Massoud Pezeshkian, cité par l'agence de presse ISNA.