Après plus d’un mois de guerre et plusieurs semaines de négociations indirectes, les États-Unis et l’Iran cherchent à finaliser un accord provisoire destiné à consolider le cessez-le-feu en vigueur depuis début avril. Au cœur des discussions : la réouverture du détroit d’Ormuz, le desserrement partiel des sanctions et une reprise du dialogue diplomatique.
Washington et Téhéran tentent de transformer une trêve fragile en processus politique. Selon plusieurs médias américains, les deux pays travaillent à la finalisation d’un accord intérimaire qui permettrait de réduire les tensions militaires tout en rouvrant progressivement certains circuits économiques aujourd’hui paralysés. « Je pense qu’il est peut-être possible que, dans les prochaines heures, le monde reçoive une bonne nouvelle», a déclaré le secrétaire d’État américain Marco Rubio à des journalistes à New Delhi. L’accord lancerait également un « processus qui peut finalement nous conduire là où le président souhaite que nous soyons, à savoir un monde qui n’a plus à craindre ou à s’inquiéter d’une arme nucléaire iranienne », a-t-il ajouté.
Mais, plus tard tard dans la journée, sur son réseau Truth Social, Donald Trump a indiqué que les Etats-Unis n'entendaient pas « se précipiter » en vue de conclure un accord, « car le temps joue en notre faveur ». Par ailleurs, le président américain a souligné que « le blocus restera pleinement en vigueur jusqu'à ce qu’un accord soit conclu, certifié et signé », ajoutant que « les deux parties doivent prendre le temps nécessaire pour bien faire les choses. Il ne doit y avoir aucune erreur ».
Selon les éléments rapportés par la presse américaine, le texte actuellement discuté prévoirait notamment la réouverture du détroit d’Ormuz au trafic maritime international, le dégel d’une partie des actifs iraniens détenus à l’étranger ainsi qu’un prolongement des négociations pendant trente jours supplémentaires.
De son côté, Téhéran parle d’une phase de finalisation, tout en restant prudent sur l’issue du processus.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a souligné qu’un protocole d’accord était en préparation, tout en précisant que les questions les plus sensibles restaient ouvertes. Car le point le plus explosif est volontairement laissé de côté : le nucléaire.
Selon plusieurs médias américains, les discussions actuelles ne règlent ni le devenir des stocks d’uranium enrichi iraniens ni le calendrier d’un éventuel encadrement du programme nucléaire. Ces sujets seraient renvoyés à un prochain cycle de négociations dans les semaines ou les mois à venir.
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Ormuz, le verrou économique mondial
L’enjeu central des discussions dépasse largement la relation bilatérale entre les deux pays. Depuis le début du conflit déclenché fin février, le détroit d’Ormuz est devenu l’un des principaux points de tension de l’économie mondiale. Passage stratégique entre le Golfe et l’océan Indien, il constitue une artère vitale pour le commerce énergétique.
Avant la guerre, près d’un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde y transitaient.
Même sans fermeture totale, les perturbations observées depuis plusieurs semaines ont déjà produit des effets visibles : hausse des coûts énergétiques, renchérissement du transport maritime, tension sur le kérosène et ajustements dans l’aérien. Plus tôt ce week-end, Royal Air Maroc a ainsi annoncé suspendre plusieurs liaisons vers l’Europe et l’Afrique, invoquant explicitement l’envolée des prix du carburant liée au conflit au Moyen-Orient ainsi qu’un ralentissement de la demande. U
Une paix encore loin d’être acquise
Malgré l’optimisme affiché par certains responsables, personne ne parle encore de règlement définitif. Donald Trump lui-même évaluait samedi à « 50-50 » les chances d’aboutir à un accord durable. Le Pakistan, qui joue un rôle de médiateur, laisse entendre qu’un processus par étapes pourrait désormais s’ouvrir. Son Premier ministre, Shehbaz Sharif, a indiqué espérer accueillir rapidement une nouvelle session de négociations.
Dans le même temps, les signaux contradictoires restent nombreux. Le principal négociateur iranien a récemment promis une réponse « écrasante » en cas de reprise des hostilités américaines. Israël, de son côté, apparaît plus réservé sur un compromis qui laisserait la question nucléaire sans réponse immédiate.
Sur le terrain enfin, les tensions demeurent fortes, notamment au Liban où des opérations militaires continuent malgré les cessez-le-feu annoncés. Après plus d’un mois de conflit, le scénario qui semble émerger n’est donc pas encore celui de la paix, mais celui d’une désescalade progressive - avec, pour priorité immédiate, le retour du commerce et de l’énergie avant celui de la confiance politique.