Hydrogène, carburant vert… Le plan écologique de la Chine pour cette année

La quatrième session plénière du 20ᵉ Comité central du Parti communiste chinois (PCC) à Pékin, le 23 octobre 2025.
LTD/SHEN HONG/Xinhua via AFP

La quatrième session plénière du 20ᵉ Comité central du Parti communiste chinois (PCC) à Pékin, le 23 octobre 2025.
LTD/SHEN HONG/Xinhua via AFP
Pékin a dévoilé ses objectifs pour l’année 2026 lors des « deux sessions », sa grand' messe politique annuelle, ce jeudi 5 mars. Parmi les points importants, la Chine, premier émetteur de gaz à effet de serre au monde, a annoncé qu’elle intensifierait ses efforts pour réduire les émissions de carbone et la pollution, afin d’accélérer la transition écologique.
Le Premier ministre Li Qiang a indiqué que le pays viserait à réduire les émissions de dioxyde de carbone par unité de PIB de 3,8 % en 2026. Le pays favorisera de nouveaux moteurs de croissance tels que l’hydrogène énergétique et les carburants verts, ajoute le rapport, Li Qiang promettant un contrôle plus strict des projets à forte intensité énergétique.
Pour rappel, le pays émet plus de 30 % des gaz à effet de serre mondiaux et vise la neutralité carbone d’ici à 2060. La Chine s'est engagée à atteindre un pic d'émissions d'ici à 2030, même si certains analystes estiment qu'elle y parviendra plus tôt.
Pékin a rendu public en septembre un objectif chiffré en matière de réduction de ses émissions nettes de gaz à effet de serre : 7 à 10 % d'ici à 2035. La plupart des analystes ont alors jugé que ces cibles seraient atteintes, et même légèrement dépassées. Pékin n'a cependant pas défini d'année de référence à partir de laquelle comparer les chiffres.
Le pays dispose de marges de manœuvre en intensifiant encore le déploiement des renouvelables. Les capacités de production de ce secteur augmentent à une vitesse record mais elles ne se traduisent pas forcément par plus de production, en raison d'une congestion des réseaux. Des réformes du réseau pourraient atténuer ce problème.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Les capacités de stockage, principalement via des batteries, augmentent également et pourraient contribuer à accroître la part d'électricité produite à partir de renouvelables. Le charbon domine encore la production d'électricité en Chine. Cependant, il a reculé de près de 2 % en 2025.
L'an dernier, les émissions de CO₂ en Chine n'ont toutefois pas baissé « comme elles devraient le faire pour que la Chine commence à progresser vers l'objectif de neutralité carbone », a déclaré Lauri Myllyvirta, chercheur au Centre for Research on Energy and Clean Air (Crea 2024, selon une étude du Crea publiée dans le média spécialisé Carbon Brief. Un recul si infime que « nous ne pouvons pas encore affirmer avec certitude qu'il s'agit d'un recul », a expliqué Lauri Myllyvirta, en raison de marges d'erreurs sur certaines données comme la consommation de charbon.
L'absence de recul substantiel des émissions tous secteurs confondus « signifie qu'une petite hausse des émissions pourrait les faire dépasser le niveau de pic précédent », met en garde l’étude. Cela compromettrait l'espoir de voir la Chine atteindre un pic d'émissions avant l'objectif de 2030.
Les émissions ont reculé dans presque tous les principaux secteurs en 2025, notamment dans la production d'électricité, l'expansion massive des renouvelables en Chine répondant à la croissance de la demande, selon l'analyse du Crea. Les émissions de l'industrie ont également reculé, en particulier dans les matériaux de construction, avec le ralentissement du secteur, mais aussi dans les transports grâce au développement des véhicules électriques. Ces progrès restent toutefois fragiles.
À l'inverse, les émissions de l'industrie chimique ont fortement augmenté en 2025 et devraient continuer à croître. Ce secteur reste un émetteur relativement modeste par rapport à d’autres industries. Cependant, il a un impact non négligeable en raison de la rapidité avec laquelle croissent ses émissions, souligne l’étude.
Le nouveau cap de la Chine
Une croissance sous surveillance. La Chine traverse une phase de transition économique délicate. Pour l'année 2026, Pékin a fixé son objectif de croissance entre 4,5 et 5%, le niveau le plus faible enregistré depuis 1991. Ce ralentissement s’explique par une reprise post-pandémie laborieuse, freinée par l'endettement massif du secteur immobilier et une consommation intérieure atone. Pour y remédier, le Premier ministre Li Qiang a préconisé, devant les cadres du parti et le président Xi Jinping, des politiques budgétaires « proactives ». L'ambition à plus long terme demeure élevée : doubler le PIB par habitant de 2020 en cinq ans pour atteindre le rang des « pays moyennement développés ».
Le pari de l'autonomie scientifique. Au cœur du plan quinquennal, la science et la technologie deviennent des piliers de la souveraineté nationale. L'objectif est clair : réduire la dépendance envers les États-Unis.
— Investissements massifs : Les dépenses en recherche et développement (R&D) doivent croître de plus de 7% par an d'ici à 2030.
— Secteurs clés : L'accent est mis sur les semi-conducteurs, la technologie 6G, le quantique et la robotique (IA incarnée).
— Intelligence artificielle : Portée par le succès de la start-up DeepSeek en 2025, la Chine lance un « plan d’action IA+ » pour s'imposer comme leader mondial.
Urgence sociale et démographique. Le pays fait face à des tensions sociales persistantes, illustrées par un chômage des jeunes (16-24 ans) ayant atteint 18,9% en août dernier. Face à un marché du travail saturé où la valeur des diplômes est remise en question, le gouvernement vise à ramener le chômage urbain sous la barre des 5,5% d'ici à 2030.
Le volet social intègre également des mesures face au déclin de la natalité :
— Soutien aux familles : Aides au logement pour les nouveaux mariés et développement des services de garde d'enfants.
— Seniors : Augmentation des retraites rurales de 20 yuans (2,49 euros) par mois et amélioration des soins en zone rurale.
— Santé et éducation : L'espérance de vie moyenne doit passer de 79 à 80 ans, tandis que la durée moyenne des études atteindra 11,7 ans.
Influence culturelle et environnement. À l'international, la Chine mise sur son soft power. Le rapport souligne le succès mondial des jouets Labubu et les records au box-office du film d'animation Ne Zha 2 en 2025 comme preuves du rayonnement culturel croissant du pays.
Sur le plan intérieur, la lutte contre la pollution affiche des résultats tangibles. Grâce à l'électrification des transports et au déplacement des usines, les niveaux de particules fines (PM2,5) à Pékin ont chuté de près de 70% depuis 2013. Le nouvel objectif national est d'abaisser la concentration moyenne de ces particules à moins de 27 microgrammes par mètre cube, contre 29,3 en 2024.
Enfin, la rigueur politique reste de mise. Le Premier ministre a réaffirmé la nécessité de poursuivre la campagne anti-corruption initiée en 2012, pointant du doigt les manquements de certains responsables locaux et la persistance de pratiques arbitraires au sein de l'administration.
(Avec agences)
382 millions d’euros : les dépenses pharamineuses des grandes entreprises pour faire du lobbying à Bruxelles
Dans les conseils d’administration, les salariés encore écartés des décisions clés
Votre Livret A va bientôt rapporter plus et voici pourquoi
EEF, l’épicier qui grandit dans l’ombre de Grand Frais