La Hongrie veut renouer avec l'Europe et la croissance avec son nouveau Premier ministre Peter Magyar
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Peter Magyar a été élu officiellement Premier ministre ce 9 mai à Budapest
LTD/Marton Monus/REUTERS
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Peter Magyar a été élu officiellement Premier ministre ce 9 mai à Budapest
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Peter Magyar a été officiellement élu Premier ministre de la Hongrie au Parlement de Budapest ce samedi 9 mai. La suite logique de sa victoire électorale du 12 avril dernier contre Viktor Orban. Il a remporté 140 voix sur 199 ce week-end. Une consécration qui s'est déroulée en l'absence de Viktor Orban qui a renoncé à son poste de député. Le nouveau dirigeant a aussitôt promis à la foule, venue nombreuse devant le Parlement, « de servir la Hongrie » et non « de régner ».
Ce nouveau Premier ministre, âgé de 45 ans, est un conservateur pro-européen. Quelques heures avant son investiture, le président du Conseil européen Antonio Costa avait salué « un nouveau chapitre dans l'histoire de la Hongrie », lors d'un point de presse à Bruxelles à l'occasion de la Journée de l'Europe. Premier symbole de ce rapprochement avec Bruxelles, le drapeau européen va faire son retour sur le Parlement hongrois, après douze ans d'absence, comme l'a annoncé sa nouvelle présidente Agnes Forsthoffer, également élue ce jour.
A l'extérieur du Parlement, des centaines de personnes s'étaient rassemblées pour assister à la cérémonie retransmise sur de grands écrans. La population place de grands espoirs en Peter Magyar. Il a effectivement promis un « changement de régime » pour mettre fin à la corruption et aux atteintes aux libertés qui ont marqué les 16 ans de pouvoir de Viktor Orban. La Hongrie fait face aussi à de nombreux défis économiques, à commencer par la stagnation de son économie et une dégradation des services publics, nécessitant des réformes structurelles.
Peter Magyar a déjà annoncé la création d'un office indépendant en charge de « mettre au jour les abus commis » au cours des 20 dernières années et de récupérer les sommes détournées. Il entend aussi faire adopter des réformes pour « rapatrier » les fonds européens gelés en raison des atteintes à l'Etat de droit passées. D'autant que la Hongrie est confrontée à une échéance en août, où elle pourrait perdre 10 milliards d'euros du plan de relance postCovid.
La semaine dernière, l'homme politique s'était rendu à Bruxelles pour des réunions informelles avec les dirigeants de l'Union Européenne, dans l'espoir d'obtenir d'ici fin mai le déblocage de cet argent sur lequel il compte pour tenir ses promesses de campagne.
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Peter Magyar s'est aussi déjà engagé à adhérer au Parquet européen, à lutter contre la corruption et assurer l'indépendance de la justice et de la presse. Pour ce faire, il dispose d'une large marge de manoeuvre grâce à sa majorité qualifiée au Parlement, où son parti Tisza a remporté 141 sièges sur 199.
Il a aussi menacé de modifier la Loi fondamentale pour obtenir le départ du président, un proche de M. Orban, si celui-ci refusait de démissionner, et de démettre « toutes les marionnettes nommées par le système Orban à des postes clés », dont le Procureur général ou le président de la Cour constitutionnelle.
Le nouveau parti au pouvoir s'efforce d'offrir une représentation plus diversifiée que la coalition sortante, avec des nominations qui incluent aussi Krisztian Koszegi, professeur d'histoire rom à la vice-présidence du Parlement, et du premier ministre non-voyant de l'histoire du pays, Vilmos Katai-Nemeth, aux Affaires sociales.
Les analystes estiment que Peter Magyar sera cependant confronté à des difficultés en raison de l'expérience politique limitée de son équipe. Il a commis un premier faux pas en tentant de nommer ministre de la Justice l'avocat Marton Mellethei-Barna, son futur beau-frère. De quoi provoquer un certain malaise dans un pays marqué par des années de népotisme. Ce dernier a annoncé jeudi qu'il renonçait afin « qu'aucune ombre, même la plus légère, ne soit jetée sur la transition vers la démocratie ».
Avec AFP
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