Affaibli par les affaires et une économie en panne, le Premier ministre ultraconservateur, qui tenait congrès le 10 janvier, reste distancé dans les sondages. Les législatives sont dans trois mois.Surtout ne montrer aucun signe de fébrilité. Le 10 janvier, devant son parti, le Fidesz, réuni en congrès national, Viktor Orbán a même sonné la mobilisation générale à trois mois des législatives du 12 avril. Pour le Premier ministre hongrois aux affaires depuis 2010, le scrutin s’annonce pourtant comme l’un des plus périlleux de sa carrière. Bousculé par une économie morose, malmené dans les sondages par l’opposant Péter Magyar, le national-populiste, fossoyeur de la démocratie libérale dans son pays, pourrait bien chuter après 16 années de règne autoritaire.
Malgré tout, le slogan de campagne dévoilé ce samedi 10 janvier, – « Le choix sûr » – met clairement en avant le chef de gouvernement. « Le message du Fidesz s’est simplifié à l’extrême : il faut voter pour le parti car c’est Orbán, pointe le politologue Gábor Török. Le Fidesz tente de convaincre hors de son électorat car il se rend compte que ses soutiens ne permettraient pas de gagner les élections avec certitude. Et il n’a pas de meilleur message à proposer. »
À son arrivée au pouvoir, l’ancien opposant au régime communiste avait sorti la Hongrie de la crise financière avec des nationalisations et des allègements fiscaux. Mais depuis la pandémie de Covid et la guerre en Ukraine, le modèle des « Orbánomics » s’essouffle.
La croissance stagne – 0,2 % sur les trois premiers trimestres 2025 – et le coût de la vie explose – +50 % depuis 2020. L’inflation, autour de 4 %, est le double de celle de la zone euro. Le ralentissement du secteur automobile européen fragilise aussi la Hongrie, succursale des grands groupes allemands, Audi, Mercedes, Opel et désormais BMW. Le gel de 20 milliards d’euros de fonds européens depuis 2022 pour non-respect de l’État de droit, n’arrange rien.