Venezuela : ce qu’il faut retenir après la capture de Maduro
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A Madrid, la communauté vénézuélienne a salué l’exfiltration de Nicolas Maduro par les forces américaines.
REUTERS - Violeta Santos Moura
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A Madrid, la communauté vénézuélienne a salué l’exfiltration de Nicolas Maduro par les forces américaines.
REUTERS - Violeta Santos Moura
De premières explosions ont été entendues peu avant 02 heures à Caracas et dans les environs, jusqu’à 03 h 15. Parmi les cibles évoquées sur place : Fuerte Tiuna, principal complexe militaire du pays (ministère de la Défense, Académie militaire, logements de troupes), et La Carlota, base aérienne à l’est de la capitale. D’autres explosions ont été rapportées à La Guaira (port et aéroport international), à Maracay (État d’Aragua) et à Higuerote (État de Miranda). Aucun bilan humain consolidé n’est disponible à ce stade. Une opération préparée « depuis des mois », a relevé le chef d'état-major américain qui a évoqué « plus de 150 avions utilisés ».
Les États-Unis « dirigeront » le Venezuela en attendant une transition « sûre », a déclaré Trump
Donald Trump a affirmé sur Truth Social que les États-Unis avaient mené une « attaque de grande envergure » et que Nicolas Maduro et son épouse avaient été « capturés et exfiltrés ». Dans une brève déclaration au New York Times, il s’est félicité d’une opération « remarquable ». Sur Fox News, il a ajouté que Washington ne laisserait « personne du régime Maduro » lui succéder et que les États-Unis seraient « très impliqués » dans l’avenir du pays. Les États-Unis « dirigeront » le Venezuela en attendant une transition « sûre », a-t-il dit ensuite lors d'une conférence de presse, à . Les Etats-Unis sont « prêts à lancer une deuxième attaque plus importante si besoin » a-t-il ajouté avant d'affirmer que « les compagnies pétrolières américaines vont s'implanter au Venezuela ».L'embargo américain sur le pétrole vénézuélien reste en vigueur.
Washington invoque narcotrafic et terrorisme, et promet des poursuites
L’administration Trump accuse Maduro d’être à la tête d’un vaste réseau de narcotrafic. La ministre américaine de la Justice Pamela Bondi a déclaré que Maduro et son épouse feraient face « à toute la rigueur de la justice américaine », rappelant une inculpation à New York pour « narcoterrorisme » et complot d’importation de cocaïne.
Caracas parle d’« agression » et annonce un déploiement militaire
Le gouvernement vénézuélien dénonce une « très grave agression militaire », y voyant une tentative de s’emparer de ressources stratégiques, notamment le pétrole. Le ministre de la Défense Vladimir Padrino López accuse les forces américaines d’avoir frappé des zones résidentielles et annonce un déploiement massif des moyens militaires.
La prix Nobel de la paix, Maria Corina Machado, appelle au retour du candidat de l'opposition en exil
« L'heure de la liberté est arrivée », a réagi dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux la cheffe de l'opposition vénézuélienne, Maria Corina Machado, après la capture du président Maduro. La prix Nobel de la paix 2025 a estimé que le candidat de l'opposition à la présidentielle de 2024, Edmundo Gonzalez Urrutia, en exil en Espagne, doit « assumer immédiatement » la présidence.
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À l’ONU, le secrétaire général Antonio Guterres s’est inquiété du non-respect du droit international, déplorant « un dangereux précédent » et appelant « tous les acteurs au Venezuela à engager un dialogue inclusif, dans le plein respect des droits de l’Homme et de l’État de droit ».
Amérique latine : fortes condamnations, à l’exception de Buenos Aires
En Colombie, le président Gustavo Petro a dénoncé une attaque américaine « aux missiles », annoncé le déploiement de troupes à la frontière et demandé des réunions immédiates de l’OEA et de l’ONU sur la « légalité internationale de cette agression ».
Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a condamné une « grave atteinte à la souveraineté du Venezuela », estimant que « les bombardements et la capture de son président dépassent les limites de l’acceptable » et menacent la région en tant que « zone de paix ». Il a appelé l’ONU à « répondre vigoureusement ».
Le Mexique a rejeté « avec la plus grande fermeté » l’action militaire américaine, avertissant qu’elle « met gravement en péril la stabilité régionale ».
À l’inverse, en Argentine, le président ultralibéral Javier Milei a salué les frappes américaines par un message enthousiaste : « La liberté avance, vive la liberté, bordel ! »
Condamnations nettes de Pékin, Moscou et Téhéran
La Chine s’est dite « profondément choquée », dénonçant « le recours flagrant à la force par les États-Unis contre un État souverain » et un comportement « hégémonique » menaçant la stabilité régionale.
La Russie, alliée de Caracas, a condamné un « acte d’agression armée profondément préoccupant et condamnable », demandant des « éclaircissements immédiats » sur le sort de Nicolas Maduro. Elle « exhorte » les États-Unis à libérer le président vénézuélien Nicolas Maduro et son épouse après l’annonce par Washington de la capture du couple plus tôt dans la journée.
L’Iran a dénoncé une « violation flagrante de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale du Venezuela », fustigeant « l’agression illégale des États-Unis ».
La Turquie a pour sa part appelé « toutes les parties à la retenue afin d’éviter des conséquences néfastes pour la sécurité régionale et internationale ».
Union européenne et alliés occidentaux : appels à la retenue
Pour l’Union européenne, la cheffe de la diplomatie Kaja Kallas a indiqué avoir appelé à la « retenue » lors d’un échange avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. La présidente de la Commission Ursula von der Leyen a affirmé que « toute solution doit respecter le droit international et la Charte des Nations unies » et soutenir « une transition pacifique et démocratique ».
Le Royaume-Uni, par la voix du Premier ministre Keir Starmer, a rappelé que « tous les pays doivent respecter le droit international », soulignant que Londres « n’a pas participé » à l’opération.
En France, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a estimé qu’« aucune solution politique durable ne saurait être imposée de l’extérieur », dénonçant une opération qui « contrevient au principe de non-recours à la force ». « Les peuples souverains décident seuls de leur avenir », a-t-il ajouté.
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L’Espagne s’est dite « disposée à offrir ses bons offices » pour une solution pacifique et négociée, tandis que l’Allemagne et la Pologne ont indiqué suivre la situation « avec inquiétude ». En Italie, la Première ministre italienne Giorgia Meloni a estimé légitime l'opération militaire menée samedi au Venezuela par les Etats-Unis, la qualifiant « intervention défensive », tout en soulignant que la force militaire ne doit pas être utilisée pour obtenir des changements de régime.
(Avec AFP)
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