« Ce choc pourrait être celui de trop, compte tenu de l’état extrêmement dégradé de l’économie. » Pour l’économiste vénézuélien José Guerra, « la dernière décision américaine est une première dans l’histoire du Venezuela ». Cette semaine, l’administration des États-Unis a annoncé un blocage total des pétroliers déjà sanctionnés par elle et opérant en ce moment avec le Venezuela.
Concrètement, la flottille de navires de guerre déployée par Donald Trump dans les eaux de la région a été chargée d’intercepter ces vaisseaux fantômes (!), accusés de contourner les sanctions américaines sur le pétrole vénézuélien. Objectif : rendre toutes les opérations impossibles alors que le Venezuela est très dépendant de son pétrole, qui représente près de 80 % de ses recettes en devises.
Pour José Guerra, ce blocus pourrait entraîner une chute des exportations supérieure à 40 %. « L’impact se fera vite sentir et ce sera terrible pour la population », souligne-t-il. Selon l’économiste, l’inflation pourrait dépasser 590 % d’ici à la fin de l’année, alors que le Fonds monétaire international (FMI) anticipait déjà une inflation annuelle de 548 % pour 2025. Pour l’heure, les conséquences restent limitées, mais l’inquiétude grandit. « Les gens deviennent nerveux, notamment face à la disparition progressive de l’essence, observe Benigno Alarcón Deza, politologue vénézuélien. Ils font des pleins en continu pour éviter les pénuries. »
À l’international, cette annonce a immédiatement fait réagir le marché de l’hydrocarbure à la hausse, rappelant le poids stratégique du Venezuela dans ce secteur. Le pays, qui possède les plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, produit un peu plus de 1 million de barils de brut par jour, selon les estimations des experts.