Le Grec Kyriakos Pierrakakis a été élu président de l'Eurogroupe
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Les membres de l’Eurogroupe se réunissent régulièrement pour coordonner leurs politiques budgétaires.
REUTERS - Yves Herman
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Les membres de l’Eurogroupe se réunissent régulièrement pour coordonner leurs politiques budgétaires.
REUTERS - Yves Herman
C’est un changement au sein de l’Union européenne qui fera peu de bruit et qui aura pourtant de nombreuses répercussions. Après la démission surprise de l’Irlandais Paschal Donohoe, réélu il y a quelques mois seulement, les membres de l’Eurogroupe ont élu un nouveau président ce jeudi après-midi.
Parmi les deux candidats en lice, le ministre belge du Budget ; Vincent Van Peteghem, 45 ans, met en avant son expérience des sujets européens et sa pratique des compromis dans les coalitions fédérales auxquelles il participe depuis 2020.
En face, se tient un ministre grec : Kyriakos Pierrakakis, 42 ans. Il incarne la « résilience » de son pays après la tourmente des années 2010, lorsque la crise de la dette grecque avait menacé de faire imploser la zone euro. Deux profils que tout oppose et qui pourraient fortement influencer le futur de l’Europe. C'est finalement le ministre grec des Finances Kyriakos Pierrakakis qui a été élu président de l'Eurogroupe.
Cet organe informel de l’Union européenne, créé en 1997, coordonne les politiques économiques et budgétaires des 20 pays de la zone euro. Et même de 21, bientôt, puisque la Bulgarie va adopter la monnaie unique le 1er janvier prochain. Une fois par mois, à Bruxelles en présence du commissaire européen aux Affaires économiques et de la Présidente de la BCE, il réunit les ministres des Finances des pays de la zone euro.
L’Eurogroupe est d’abord un organe de surveillance des budgets et de l’endettement des pays européens. Mais il a aussi le pouvoir d’aider les pays en difficulté à restructurer leur dette et à définir des conditions d’austérité ou des réformes. Il influence aussi largement le Mécanisme européen de stabilité qui permet à un État surendetté ou à la merci d’une crise financière d’obtenir des fonds européens en échange de mesures économiques demandées par l’Union européenne.
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L’institution joue aussi un rôle primordial dans la supervision des banques européennes. L’Eurogroupe a notamment contribué à la création du Mécanisme de supervision unique (MSU) et du Mécanisme de régulation unique (MRU) qui, depuis 2012, permettent à la Banque centrale européenne de surveiller les banques du Vieux Continent et de venir à leur rescousse en cas de crise.
Aujourd’hui, cet organe officieux de l’Europe a toujours un rôle d’analyse et de réflexion autour de ces mécanismes, tout comme le Parlement et le Conseil européen. D’ailleurs, chaque année, la présidente du Conseil de surveillance du MSU rend compte des risques encourus par le secteur bancaire devant l’Eurogroupe.
Son nouveau président devra donc encadrer les débats autour d’un grand nombre de sujets… dont un particulierement d’actualité. Les Européens sont aujourd’hui divisés quant à l’utilisation des près de 200 milliards d’euros d’actifs russes gelés dans les coffres européens pour financer un prêt de 140 milliards d’euros à l’Ukraine pour sa reconstruction.
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La Belgique s’oppose, justement, à un projet de l’UE visant à financer un prêt à Kiev en l’adossant aux avoirs de la Russie, gelés depuis l’invasion de l’Ukraine et qui sont pour l’essentiel conservés à Bruxelles par la société Euroclear. Le gouvernement belge a exprimé de vives réserves quant au risque de représailles juridiques et financières de la part de Moscou et réclame de solides garanties aux autres pays de l’UE. Si Vincent Van Peteghem prenait la tête de l’Eurogroupe, il pourrait influencer l’avis des ministres des Finances de l’UE.
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