Le guide suprême iranien Ali Khamenei a averti qu’une attaque américaine pourrait embraser toute la région, dans un contexte de tensions extrêmes après la répression sanglante des manifestations. L’Union européenne accroît la pression sur Téhéran, tandis que Paris appelle le régime à faire « des concessions majeures ».
La rhétorique s’est encore durcie à Téhéran. S’exprimant dimanche pour la première fois depuis la mi-janvier, Ali Khamenei a mis en garde Washington contre toute intervention militaire : « Les Américains doivent savoir que s’ils déclenchent une guerre, cette fois-ci ce sera une guerre régionale ».
Le guide suprême a qualifié les manifestations récentes de « coup d’État », assurant que cette tentative de déstabilisation avait « échoué ». « Les protestataires ont attaqué la police, des bâtiments gouvernementaux, des casernes des Gardiens de la Révolution, des banques, des mosquées et ont brûlé le Coran… c’était un véritable coup d’État », a-t-il affirmé.
Les États-Unis avaient brièvement bombardé l’Iran lors d’un conflit de douze jours en juin, déclenché par Israël. Depuis la vague de contestation, le président Donald Trump fait planer la menace de nouvelles frappes, même si les deux pays ont récemment laissé entendre qu’une option diplomatique restait ouverte.
Bras de fer avec l’Europe
La pression s’est également accrue côté européen. L’Union européenne a inscrit cette semaine sur sa liste des organisations terroristes les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique du régime iranien, accusée d’avoir orchestré la répression.
En représailles, le Parlement iranien a déclaré dimanche comme « groupes terroristes » les armées européennes. Selon les images diffusées par la télévision d’État, son président Mohammad Bagher Ghalibaf portait un uniforme des Gardiens, tandis que les députés scandaient « Mort à l’Amérique ! », « Mort à Israël ! » et « Honte à l’Europe », à l’occasion du 47ᵉ anniversaire du retour d’exil de l’ayatollah Khomeini.
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Dans ce contexte explosif, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a estimé, dans un entretien au quotidien Libération, que Téhéran devait « se résoudre à des concessions majeures » pour éviter des frappes américaines.
« Les États-Unis se sont mis en situation de lancer une opération militaire… le régime doit s’en saisir et changer radicalement de posture », a-t-il déclaré, appelant l’Iran à « mettre fin à l’oppression, libérer les prisonniers, cesser les exécutions et rétablir Internet ».
Le ministre a également confirmé que deux ressortissants français, Cécile Kohler et Jacques Paris, détenus depuis 2022, se trouvent désormais à l’ambassade de France à Téhéran. Paris exige leur retour, alors qu’une procédure judiciaire en France concernant une ressortissante iranienne pourrait nourrir des négociations d’échange.