Japon : la population s’effondre de 3 millions de personnes, l’alerte démographique s’aggrave
latribune.fr
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Le Japon a perdu plus de 3 millions d’habitants en cinq ans, une chute démographique historique qui accentue les inquiétudes sur l’avenir économique et social de l’archipel.
Le Japon accélère sa décroissance démographique. Selon les résultats préliminaires du recensement publiés vendredi, la population de l’archipel a chuté de 2,5 % en cinq ans, un recul inédit depuis le lancement de cette enquête statistique en 1920. La quatrième économie mondiale ne compte plus que 123 millions d’habitants en 2025, soit plus de trois millions de personnes de moins qu’en 2020.
Le phénomène n’est pas nouveau, mais il s’intensifie à un rythme désormais préoccupant pour les autorités japonaises. Entre 2015 et 2020, la baisse démographique avait déjà marqué les esprits. Celle enregistrée sur les cinq dernières années est plus de trois fois supérieure.
Pénurie croissante de main-d’œuvre
Ces chiffres « confirment une fois de plus que le déclin démographique de notre pays s’aggrave », a reconnu devant la presse le porte-parole du gouvernement, Minoru Kihara. Derrière ce constat se dessine l’un des défis économiques et sociaux les plus lourds pour le Japon : une population vieillissante, une natalité en berne et une pénurie croissante de main-d’œuvre.
Selon la Banque mondiale, le Japon possède désormais la population la plus âgée au monde après Monaco. En 2023, le taux de fécondité s’établissait à seulement 1,2 enfant par femme, très loin du seuil de renouvellement de la population fixé à 2,1. Dans le même temps, le nombre de naissances continue de s’effondrer. Des statistiques publiées plus tôt cette année montraient que le pays n’a enregistré que 705.809 naissances en 2025, un recul pour la dixième année consécutive.
Cette dynamique pèse déjà sur l’économie japonaise. La contraction du marché du travail freine certains secteurs, accentue les tensions sur les finances publiques et renforce la pression sur le système de retraite et de santé. Pour tenter d’enrayer le phénomène, les gouvernements successifs ont multiplié les mesures de soutien à la natalité : aides financières pour les familles, subventions aux congés parentaux ou encore programmes destinés à favoriser les rencontres et le mariage.
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L’immigration, sujet sensible
Mais ces politiques n’ont jusqu’ici produit que des résultats limités. L’immigration est régulièrement avancée comme une solution pour compenser le déclin démographique, mais le débat reste politiquement sensible dans un pays historiquement peu ouvert aux flux migratoires. La Première ministre conservatrice Sanae Takaichi défend au contraire une ligne plus stricte vis-à-vis de l’arrivée d’étrangers.
Le Japon apparaît ainsi comme le laboratoire avancé du vieillissement des sociétés développées. Une trajectoire scrutée de près par de nombreuses économies confrontées, elles aussi, à l’effondrement de la natalité et à la raréfaction de la population active.