La Stratégie nationale de sécurité (NSS) des États-Unis, publié jeudi 4 décembre, n’est pas qu’un virage politique : c’est un ultimatum lancé à l’Europe. En décrétant la fin de l’élargissement de l’Alliance atlantique et en exigeant de l’Ukraine l’abandon de la bande de terre fortifiée ukrainienne le long du front, la « Fortress Belt », Washington pousse l’Union européenne à payer le coût de sa propre sécurité, mais aussi à choisir entre une capitulation ukrainienne exigée par l’allié américain et l’investissement massif dans une souveraineté militaire autonome.
Il entérine les principes fondamentaux de la politique étrangère « America First », soulignant sans détour les fissures qui s’élargissent entre les États-Unis et l’Union européenne. La rupture avec l’ordre sécuritaire post-guerre froide, dominé par les États-Unis et l’Otan depuis 1991, concerne d’abord l’Alliance atlantique. L’administration Trump exige que l’Europe « assume la responsabilité principale de sa propre défense » et dit avoir obtenu un « engagement historique » des alliés pour relever le seuil de dépense militaire de 2 % à 5 % du PIB. Le prix de l’unité et du soutien mutuel au sein de l’Otan est désormais fixé à un niveau qui oblige l’Europe à réallouer ses efforts budgétaires dans sa propre défense.