Les relations franco-allemandes sont tendues depuis quelques mois sur de nombreux sujets : le projet Scaf, les eurobonds, les États-Unis, le Mercosur… Mi-février, c’est le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, qui a jugé insuffisantes les dépenses de défense de Paris, et l’a appelé à réduire ses dépenses sociales. Et ce, quelques jours après le discours d’Emmanuel Macron appelant à « lancer une capacité commune d'endettement, à travers des eurobonds ». Les deux pays ont tout de même, début mars, publié une déclaration conjointe sur la dissuasion nucléaire annonçant la mise en place d’un « groupe de pilotage nucléaire de haut niveau ».
LA TRIBUNE – On revient toujours sur le même désaccord dans le moteur franco-allemand : la France dépense trop selon l’Allemagne, qui craint d'être responsable de la dette de ses voisins européens. Pourquoi de telles tensions ?
Paul Maurice – L'arrivée de Friedrich Merz en 2025 était plutôt positive. Il a plus d'affinité avec la France, étant donné sa culture ou encore son histoire politique. Mais les deux pays font face à des tensions de politiques internes qui font que chacun se braque. Sur la question du Mercosur, la France a fait face aux manifestations d’agriculteurs au moment où il y avait le vote du budget et où des partis avaient menacé de voter la censure du gouvernement si la France votait « pour » le Mercosur ou s'abstenait.