DÉCRYPTAGE. Dans une interview à plusieurs journaux européens ce mardi, Emmanuel Macron a de nouveau plaidé pour un grand emprunt européen. Si les marchés pourraient être friands de ces « eurobonds », l'obstacle à cette initiative est ailleurs.C'est la déclaration qui tourne en boucle dans les médias économiques français et européens depuis mardi. « C'est le moment pour l'UE de lancer une capacité commune d'endettement, à travers des eurobonds », a plaidé le président de la République, dans une interview accordée à plusieurs journaux européens, dont Le Monde. Faute de quoi le Vieux Continent risque selon lui d’être « balayé » de plusieurs secteurs économiques stratégiques.
Cette idée d'emprunt commun européen pour financer des investissements d'avenir a longtemps été taboue, voire rejetée catégoriquement par les pays de l'UE. Mais ces dernières années, l'UE s'est convertie à ce genre de véhicule financier, soit pour financer la relance économique post-Covid (750 milliards d'euros), le réarmement (150 milliards d'euros) ou encore l'aide à l'Ukraine (90 milliards d'euros).
Un emprunt commun politiquement correct
Le président français évalue les besoins d’investissements publics et privés dans l’UE à « quelque 1 200 milliards d’euros par an » en additionnant les nécessités dans « les technologies vertes et numériques » et « la défense et la sécurité ».
Mais la vraie question est : de quel type d'emprunt obligataire parle Emmanuel Macron ? La réponse est sensible tant les pays européens dits « frugaux », Allemagne et Pays-Bas en tête, l'attendent au tournant. « Que les choses soient claires, il ne s’agit en aucun cas de mutualiser de la dette passée. Qui plus est, les marchés demandent des actifs sûrs et liquides », répond le dirigeant français dans l'interview.