Nucléaire : pourquoi l'Allemagne envisage de prendre un virage historique
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Friedrich Merz CDU, chancelier, à Berlin, le 17 février 2026
LTD/Dominik Butzmann/Imago/KCS PRESSE
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Friedrich Merz CDU, chancelier, à Berlin, le 17 février 2026
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Les discussions ne sont pas engagées sur le fond. Il y a une « montagne de questions en suspens », a résumé le chancelier Merz il y a quelques jours dans une interview au podcast « Machtwechsel ». Mais, vu de Berlin, l’Allemagne est bel et bien disposée à entamer un virage historique.
Longtemps, les chanceliers successifs ont détourné l’attention quand les présidents français, de Charles de Gaulle à Nicolas Sarkozy, leur tendaient la main pour offrir à leur pays leur protection nucléaire. Le lien ombilical avec les États-Unis, garants de leur sécurité depuis la Seconde Guerre mondiale, était trop fort. Des diplomates allemands s’agaçaient parfois du fait que leur pays ne prenne même pas la peine d’envoyer quelques généraux à Paris pour aborder le sujet, par crainte de la réaction de l’Oncle Sam.
Mais, depuis quatre ans, la République fédérale a subi deux chocs : le retour de la guerre à 900 kilomètres de Berlin avec l’invasion russe de l’Ukraine, et la tentation isolationniste assumée des États-Unis avec le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. Dans la désagrégation de l’ordre mondial, l’Allemagne voit s’éloigner la garantie nucléaire américaine. Son territoire pourrait donc être inclus dans le périmètre de la nouvelle doctrine nucléaire française. Le chancelier Merz a accepté de réfléchir à cette offre d’Emmanuel Macron, tout comme il envisage de discuter avec les Britanniques.