Pékin sort ses bombardiers avant le sommet Donald Trump-Xi Jinping
latribune.fr

La Chine a procédé à des exercices de bombardiers H-6K près de Taïwan.
Alert5 - commons.wikimedia, CC BY-SA 4.0
latribune.fr

La Chine a procédé à des exercices de bombardiers H-6K près de Taïwan.
Alert5 - commons.wikimedia, CC BY-SA 4.0
La tournée asiatique de Donald Trump se joue sur deux échiquiers. Côté pile, l’optimisme économique. Le président américain, arrivé lundi au Japon après une étape en Malaisie, s’est dit « confiant » dimanche sur sa capacité à sceller un « bon accord » commercial avec Xi Jinping lors de leur rencontre très attendue jeudi, en Corée du Sud.
Cette seule perspective a suffi à euphoriser les marchés. Lundi, la Bourse de Tokyo a pulvérisé ses records, l’indice Nikkei franchissant pour la première fois la barre des 50 000 points. L’enjeu : réduire le colossal déficit commercial américain face au géant asiatique, dans une relation faite « de rivalité autant que d’interdépendance ».
Côté face, la tension géopolitique. Pékin n’est pas resté inactif. Les médias d’État chinois ont rapporté dimanche soir que des bombardiers stratégiques H-6K, capables d’emporter l’arme nucléaire, ont récemment mené des « exercices de confrontation simulés » à proximité de Taïwan. Un timing qui ne doit rien au hasard, à quelques jours du sommet Trump-Xi.
Si le ministère de la Défense de Taïwan n’a pas confirmé d’activité inhabituelle, se contentant de son bulletin quotidien faisant état de quatre avions chinois, l’intention de Pékin est claire. Le président taïwanais, Lai Ching-te, a réagi en rappelant que « la paix doit reposer sur la force », et qu’il ne se faisait « aucune illusion » sur les accords papier. Washington, par la voix du secrétaire d’État Marco Rubio, a assuré dimanche que Taïwan ne devait pas s’inquiéter des pourparlers.
C’est dans ce climat que les négociateurs avancent. Une trêve douanière entre les deux puissances expire le 10 novembre. Donald Trump avait menacé il y a peu d’annuler sa rencontre avec Xi Jinping, notamment en réponse aux restrictions chinoises sur les exportations de terres rares, matériaux cruciaux dont Pékin détient le quasi-monopole.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Le ton a radicalement changé. Le ministre américain des Finances, Scott Bessent, a assuré dimanche que les deux présidents valideraient un compromis portant sur ces mêmes terres rares et sur les achats chinois de soja américain. Côté chinois, le représentant pour le commerce international, Li Chenggang, a confirmé un « consensus préliminaire ». L’optimisme est tel que Donald Trump envisage déjà un voyage en Chine et une nouvelle réception de Xi Jinping dans sa résidence de Mar-a-Lago, comme en 2017.
Avant la Corée du Sud, l’étape japonaise de Trump est axée sur la consolidation des alliances. Le président américain, 79 ans, doit s’entretenir mardi avec la nouvelle Première ministre, Sanae Takaichi, après une visite de courtoisie à l’empereur Naruhito.
Tokyo, relativement épargné par l’offensive protectionniste de Washington, a déjà conclu son accord commercial en juillet. Les discussions porteront sur les points en suspens, comme la ventilation des 550 milliards de dollars d’investissements japonais prévus aux États-Unis.
Mais c’est surtout sur le plan militaire que le Japon donne des gages. Sanae Takaichi a fait du renforcement des liens de sécurité une « principale priorité ». Elle a annoncé que Tokyo porterait son budget de défense à 2 % du PIB dès l’exercice fiscal actuel, s’achevant le 31 mars, soit avec deux ans d’avance sur le calendrier. Une annonce qui intervient alors que Trump, adepte d’une diplomatie transactionnelle, doit visiter mardi le porte-avions USS George Washington, à Yokosuka, où sont stationnés une partie des 60 000 militaires américains présents au Japon.
À lire également
Après la Malaisie, où Trump s’est félicité sur Truth Social d’accords sur le commerce et les terres rares avec « plusieurs pays asiatiques », et le Japon, les négociations commerciales se poursuivent aussi avec Séoul. Le président américain a par ailleurs glissé qu’il « aimerait » profiter de son passage en Asie pour rencontrer le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, qu’il n’a pas vu depuis 2019.
(Avec Reuters)
latribune.fr
Nouveaux droits de douane : les États-Unis infléchissent leur offensive face à Bruxelles
« 2026 pourrait être la pire année depuis 2013 » : le pouvoir d'achat des Français va souffrir
« C’est le bon moment pour investir dans l'immobilier » : malgré la crise du logement, un nouveau fonds d'investissement se lance
Pêche : la transformation artisanale, une solution pour survivre ?