Coup de tonnerre : Trump annonce faire passer ses nouveaux droits de douane mondiaux de 10% à 15%

Le président américain Donald Trump.
Annabelle Gordon - reuters

Le président américain Donald Trump.
Annabelle Gordon - reuters
Le président Donald Trump a annoncé samedi qu'il relèverait de 10 % à 15 % le taux de droits de douane temporaire appliqué aux importations américaines en provenance de tous les pays. Ce taux avait été instauré suite à la décision de la Cour suprême des États-Unis invalidant son programme de droits de douane phare, fondé sur une loi d'urgence économique.
Furieux de cette décision, Trump a ordonné vendredi l'application immédiate d'un droit de douane de 10 % sur toutes les importations, en sus des droits de douane déjà en vigueur. La loi l'autorise à imposer un taux maximal de 15 % pendant 150 jours, bien que cette mesure puisse faire l'objet de recours juridiques.
Durant cette période, son administration travaillera à la mise en place de nouveaux droits de douane « légalement autorisés », a-t-il déclaré. « Moi, en tant que président des États-Unis d'Amérique, je vais, avec effet immédiat, relever de 10 % le tarif douanier mondial sur les pays dont beaucoup ont "arnaqué" les États-Unis pendant des décennies, sans représailles (jusqu'à mon arrivée !), au niveau pleinement autorisé et juridiquement testé de 15 % », a-t-il écrit dans un message sur Truth Social.

Cette escalade intervient moins de 24 heures après le coup porté par la Cour suprême à l'ensemble de la politique commerciale de l'administration. Vendredi 20 février, par un vote de 6 voix contre 3, les juges ont estimé que la loi sur les pouvoirs économiques d'urgence internationaux (IEEPA) « n'autorise pas le président à imposer des droits de douane », invalidant ainsi les vastes tarifs dits « réciproques » qui constituaient un pilier de la stratégie économique de Trump. L'opinion majoritaire, rédigée par le juge en chef John Roberts et soutenue notamment par les juges Gorsuch et Barrett, a conclu que l'interprétation de la Maison-Blanche représenterait « une expansion radicale du pouvoir présidentiel en matière tarifaire »
Dès vendredi soir, Trump avait signé un décret imposant un droit de douane mondial de 10% en s'appuyant sur un tout autre fondement juridique : la Section 122 de la loi sur le commerce de 1974 (Trade Act). Ce texte permet au président d'instaurer une surtaxe à l'importation pouvant atteindre 15% pour une durée maximale de 150 jours, en cas de déficit grave de la balance des paiements. Au-delà de cette période, seul le Congrès peut prolonger les mesures. Ce droit de 15% devait initialement entrer en vigueur le 24 février, mais Trump a décidé d'en accélérer l'application et d'atteindre directement le plafond légal.
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Le nouveau taux s'applique à l'ensemble des pays, y compris ceux ayant conclu des accords commerciaux avec Washington, comme l'Union européenne, le Japon, la Corée du Sud ou Taïwan. La Maison-Blanche a toutefois annoncé des exemptions sectorielles, notamment pour les produits pharmaceutiques et les biens entrant dans le cadre de l'accord États-Unis–Mexique–Canada.
Du côté européen, Emmanuel Macron a appelé à « ne pas aller trop vite » pour évaluer les conséquences de la situation, tout en saluant le fonctionnement des « pouvoirs et contrepouvoirs dans les démocraties ». « Nous voulons continuer à exporter et le faire avec les règles les plus loyales qui soient, et ne pas subir des décisions unilatérales », a déclaré le président français lors de l'inauguration du Salon de l'agriculture, estimant qu'il faut « être dans une logique d'apaisement ».
Le chancelier allemand Friedrich Merz a affirmé samedi vouloir mener des discussions avec ses alliés européens afin de trouver une réponse commune aux nouveaux droits de douane américains, avant une rencontre avec président Donald Trump à Washington.
« Nous aurons une position européenne très claire à ce sujet, car la politique douanière relève de l'Union européenne, et non des États membres de façon individuelle », a déclaré Merz à la chaîne ARD, avant cette visite prévue dans un peu plus d'une semaine.
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Sur les marchés, les places boursières avaient d'abord salué la décision de la Cour suprême vendredi. Le S&P 500 avait progressé tandis que les valeurs automobiles européennes rebondissaient fortement. Mais la riposte immédiate de Trump et le passage à 15% ravivent l'incertitude. L'enjeu des remboursements potentiels des quelque 130 milliards de dollars de droits perçus sous l'IEEPA en 2025 ajoute une inconnue supplémentaire pour les marchés et les finances publiques américaines.