Ce jeudi, les sénateurs ont adopté une proposition de loi visant à autoriser de nouveau l'exploration pétrolière dans les territoires ultramarins. Porté par le sénateur Georges Patient, le texte entend favoriser le développement économique de la Guyane face au boom extractif du Guyana voisin. Le gouvernement s'y oppose fermement, invoquant la stratégie de neutralité carbone de la France.Il y a eu Exxon, l’Institut français du pétrole, Esso, Tullow Oil, Shell et TotalEnergies. Toutes ces entreprises pétrolières ont fréquenté le littoral de Cayenne et de Ouanary (Guyane), entre le début des années 1960 et 2019, avec l’espoir d’y trouver des quantités suffisantes d’or noir. Fin 2017, six mois après l’élection d’Emmanuel Macron à l’Élysée, le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, fait adopter une loi mettant fin à la recherche et à l’exploitation des hydrocarbures en France.
Seulement, aux yeux du PDG de TotalEnergies, la loi Hulot n’explique pas à elle seule l’absence d’exploration au cours des dernières années. Devant les sénateurs, en avril 2024, Patrick Pouyanné avait alors conclu : « Vous n’avez pas entendu beaucoup TotalEnergies râler quand il y a eu la loi Hulot. Il n’y a pas d’hydrocarbures en Guyane. » Pourtant, près de deux ans après cette audition, le Sénat vient de voter, ce jeudi, en faveur de l’abrogation de la loi Hulot dans les territoires ultramarins. Le texte devra désormais passer l’épreuve de l’Assemblée nationale.
Un leadership climatique français contesté
À l’origine de cette loi, le sénateur RDPI (anciennement La République en marche) de Guyane, Georges Patient. Dans les colonnes de La Tribune, ce dernier exprimait sa volonté de reprendre les explorations afin de développer économiquement la Guyane. Dans ce territoire, la grande pauvreté touche un tiers de la population, d’après l’Observatoire des inégalités. À proximité de l’unique territoire français en Amérique du Sud, le Guyana exploite ses ressources pétrolières offshore depuis quelques années. Ce pays connaît ainsi un boom de sa croissance. Le Suriname, voisin de la Guyane, espère en faire de même dès 2028 grâce aux investissements de TotalEnergies sur place.